Archives de catégorie : Editorial

Des médecins mercenaires ? Bon sang, mais quelle surprise !

medecins mercenairesDepuis trois jours, les medias répètent l’information en boucle : des médecins « mercenaires », intérimaires qui effectuent dans nos hôpitaux des missions sur poste vacant en se faisant payer en moyenne de 600 € à 800 € nets par journée de travail, trois ou quatre fois le tarif réglementaire, sont l’une des causes majeures du déficit de  l’hôpital public, car le surcoût global annuel serait de l’ordre de 500 M €. Situation fréquente dans les petites structures où certains services, pour rester ouverts, reposent entièrement sur ces remplaçants (et dans certaines régions les « chasseurs de prime » réclament en moyenne 1500 € + véhicule, repas et hébergement !).

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Editorial juin 2013 : Bas les pattes M. Barroso !

Bas les pattes M. Barroso !

BarrosoVoici donc que le porte-voix patenté de l’intégrisme libéral, M. José Manuel Barroso, pour un an encore président de la Commission européenne, s’en prend – même s’il feint de s’en défendre – à l’exception culturelle française. Ce qui l’irrite ? Qu’un secteur entier de l’activité humaine échappe à la loi du marché et que le veau d’or qu’il idolâtre ne se soit pas encore totalement emparé de l’art et de la culture. Dieu sait pourtant que l’argent a considérablement renforcé son emprise dans ce domaine : sans même parler des montants fous qu’atteint désormais la moindre vente d’objets d’art, Continuer la lecture

Editorial novembre 2012 : Stop ou encore ?

Mathis DominiqueDominique Mathis

dominique@hopital-territoires.eu

Dans les derniers temps du quinquennat Sarkozy, nombre d’hospitaliers disaient STOP à la logorrhée des lois, réformes, décrets, circulaires et injonctions parfois contradictoires. Mais le pouvoir, lui, voulait, ENCORE et toujours plus montrer sa réactivité agissante par cette attitude un peu déclamatoire ; et chaque menace sanitaire hypothétique, chaque crime de dément suscitait une nouvelle loi…

Après l’alternance, cette aspiration des hospitaliers s’exprima avec plus de force, notamment à Hôpital Expo 2012 et la Ministre, avisée, promit d’y satisfaire, annonçant sous les acclamations une pause dans les réformes, un véritable STOP !

Tout uniment, du même élan consensuel et donc sous les vivats réitérés, elle s’engagea à restaurer le service public hospitalier qui s’était fait sortir par la petite porte de la loi HPST.

Bravo, diront tous ceux qui croient à la santé publique et au service du même nom. Fort bien… oui mais alors, STOP ou ENCORE ?

Car s’il ne s’agit pas de ressusciter tel quel le service public hospitalier de 1970 et de 1991, donc de se borner à restaurer dans sa rédaction antérieure l’article L. 6112‑1 du CSP, mais d’établir un service public de santé de notre temps, à l’évidence cela nécessite préalablement un travail conceptuel et législatif considérable.

Ne serait-ce que parce que l’idée même de service public est en crise, prise en étau entre les injonctions de Bruxelles, qui s’obstine toujours, et les oukases de la doctrine libérale, qui bouge encore.

Et qu’il sera délicat de tracer le périmètre de ce service public, dans une époque où simultanément la ressource publique ou socialisée ne peut tout payer des prestations de santé, tandis que nombre d’entre nous veulent tout s’offrir… aux frais de la princesse !

Bon courage, donc, à Mme Marisol Touraine… Nous lui promettons qu’Hôpital & Territoires, dès son premier numéro imprimé, réservera toute la place nécessaire au salutaire chantier qu’elle vient d’ouvrir afin que soit érigé un STOP au délire légifératoire, mais que progresse ENCORE l’adaptation de l’hôpital…

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Cher lecteur qui retrouvez sur ce site – et bientôt dans notre édition papier ‑ toutes les signatures que vous avez connues dans un autre magazine, je vous dois un éclaircissement… ne serait-ce que pour ne plus y revenir.

Nous fûmes longtemps une équipe rédactionnelle (auteurs, journalistes, contributeurs…) soudée autour d’un projet simple : faire entendre une petite voix un peu originale dans un univers hospitalier qui se cherche, faire connaître de belles pratiques de terrain.

Puis les points de vue divergèrent entre gestionnaire et rédaction. Au point que, fin mai 2012, comme l’énonça si bien l’un d’entre nous, il valait mieux désormais « que chacun fasse la preuve de la justesse de son raisonnement dans un autre contexte ». Amis lecteur, à vous donc de juger…