Imagerie : lever l’hypothèque de l’irradiation excessive

Julien MONCHANIN

julien@hopital-territoires.eu

L’imagerie est l’une des techniques médicales qui a accompli les progrès les plus extraordinaires ces dernières décennies, au point d’être devenue un élément majeur de diagnostic et de traitement dans la plupart des pathologies. Rançon de ce succès, la question des doses d’irradiation médicalement acceptables se pose avec acuité. Une société – française ! – propose une solution particulièrement intéressante pour respecter le principe de précaution.

EOS est un système d’imagerie qui réalise deux images planes du corps du patient entier, puis reconstitue la structure tridimensionnelle du squelette, en position debout, avec une très faible dose d’irradiation pour le patient. Basé sur des technologies brevetées de détection des particules (issues des travaux de Georges Charpak, Prix Nobel de physique 1992) et développé par la société EOS imaging, le système EOS ultra basse dose apporte donc plusieurs ruptures technologiques au secteur de l’imagerie ostéo-articulaire et orthopédique et constitue une avancée majeure dans le diagnostic, le suivi et le traitement de pathologies comme la scoliose ou l’arthrose et ses complications (prothèses de hanche et de genou en particulier).

Un mécanisme de balayage permet à deux capteurs d’images brevetés, l’un pour l’image de profil, l’autre pour l’image de face, de réaliser la radiographie du patient sur toute sa hauteur. Les clichés obtenus en 2D peuvent ensuite bénéficier d’une modélisation à partir d’une base de connaissance anatomique et de modèles 3D.

Dans la logique de la loi HPST et du renforcement des relations ville/hôpital qui se traduisent par des parcours de soins simplifiés et centrés sur le patient, EOS est l’objet d’un premier partenariat public-privé. Le GCS de Toulouse a récemment fait l’acquisition d’un équipement EOS. Installé au CHU Purpan dans l’optique d’un meilleur suivi des troubles posturaux chez l’enfant et l’adulte, il permet l’accès aux données EOS aux rhumatologues et chirurgiens orthopédistes dans le bassin toulousain.

« En plus de nos confrères du secteur public utilisateurs de cette innovation, le GCS va permettre à 6 établissements privés de la région d’accéder à la modalité EOS grâce à des vacations dédiées » précise le Dr Besse, radiologue à Toulouse.

D’autres projets mutualisés sont en cours pour améliorer la prise en charge des besoins d’imagerie ostéo-articulaire dans des territoires de santé qui ne bénéficient pas encore d’un accès à l’imagerie EOS.

« Le déploiement d’EOS dans un contexte de mutualisation peut faciliter la relation entre radiologues et prescripteurs (chirurgiens orthopédistes et rhumatologues), et ce d’autant plus si elle s’accompagne d’une utilisation des réseaux de diffusion des images de santé. Nos développements s’inscrivent dans cette dynamique » explique Marie Meynadier, DG d’EOS imaging.

EOS imaging

2004 Fin des tests cliniques du prototype EOS au sein des hôpitaux de Paris et de Bruxelles

2005–2007 Levées de fonds

2007-2011 Obtention du marquage CE en Europe et de la FDA en Amérique du Nord sur EOS et la station 2D/3D sterEOS

2008-2010 Premières installations d’EOS dans les hôpitaux et cliniques en Europe et Amérique du Nord avec l’application rachis

2010 La société Biospace-med devient EOS imaging

2011 Mise sur le marché de l’application hanche-genou. EOS est utilisé en routine clinique dans 10 pays européens, aux Etats-Unis, au Canada et en Australie

EOS est installé dans 10 des 22 régions de France métropolitaine, dont trois régions nouvelles (Lorraine, Franche-Comté et Midi-Pyrénées) en 2011. L’accès des patients à cette technologie innovante s’améliore dans certaines des régions déjà équipées (Rhône-Alpes, Provence Côte d’Azur, Ile de France) qui voient leur parc installé augmenter en 2011.

Déjà 18 centres sont équipés du système EOS :

• CHU Robert Debré – AP-HP (Paris 19e)

• Centre d’Imagerie Médicale Nollet (Paris 17e)

• ENSAM (Paris 13e)

• CHRU – Hôpital Jeanne de Flandres (Lille)

• CHU de Brest – Hôpital Morvan

• CHU de Bordeaux– Hôpital Pellegrin

• HCL de Lyon – Hôpital Femme-mère-enfant

• Institut d’éducation motrice Rossetti (Nice)

• AP-HM de Marseille – Hôpital de la Timone

• Clinique Oxford (Cannes)

• CHU de Nancy – Hôpital Brabois enfant

• CHU de Besançon – Hôpital Jean Minjoz

• CHU de Toulouse – Hôpital Purpan

• CHU Raymond Poincaré – AP-HP (Garches)

• CHU Cochin – AP-HP (Paris 14e)

• Nouvelles cliniques nantaises (Nantes)

• Imagerie médicale Léonard de Vinci (Paris 16e)

• Imagerie médicale du Parc (Lyon)

2 réflexions au sujet de « Imagerie : lever l’hypothèque de l’irradiation excessive »

  1. Nepper

    Bonjour,

    Pourriez vous me dire dans quel hôpital je peux trouver la machine eos pour les radiographies à Bruxelles
    Je vous remercie
    C.nepper

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