De quoi tomber sur le c…

Hippocrate 2

Alain SOLLAND
alain@hopital-territoires.eu

Le Parisien révèle qu’un laboratoire américain vient de mettre sur le marché un médicament révolutionnaire. Le principe actif est une molécule administrée par voie orale capable dit-on de faire disparaître en 12 semaines le virus de l’hépatite C dans 90 % des cas.

Lorsqu’on connaît la dangerosité de ce virus avec les risques de survenue de cirrhose et de cancer hépatique, on ne peut que se réjouir en louant celui qui mériterait d’être canonisé au plus tôt, la litanie de tous les saints incorporant le bon GILEAD, puisque c’est le nom du labo en question.

Solvadi

Mais il y a un hic qui donne le hoquet : le laboratoire fait payer le produit 280 fois son prix de revient. Comment peut-on en arriver là ?

C’est a priori tout simple, il suffit de racheter une molécule à une start-up qui a eu le bol et l’intelligence de la découvrir. Mais, pour ne pas faire compliqué, GILEAD a racheté et la pilule et la start-up. Si par hasard elle avait sous le coude d’autres pastilles du même acabit, après tout, mieux valait acheter le tube !

Bien sûr on pouvait craindre que ladite pilule soit un peu difficile à avaler, soit 8 milliards d’euros paraît-il, mais non « c’est peanuts » s’écria le futur Saint GILEAD ! Compte tenu du nombre de malades potentiels, de la gravité de la maladie, du nombre de pilules par jour nécessaires pour un malade et de la marge bénéficiaire qu’on doit se faire pour amortir l’investissement dans un délai raisonnable de deux ans, il n’y a qu’à vendre la pilule un bon prix….Et celui-ci fut fixé en France à 666 € la pièce. C’est la loi du marché, simple non ?

Ce qui est moins simple, c’est qu’en France il faut prévoir le remboursement des médicaments par la Sécurité sociale et en ce moment les comptes ne sont pas au mieux, alors « cinq députés de la majorité, tous impliqués à divers degrés dans les questions de santé, viennent d’adresser un courrier à Michel Joli, président du laboratoire américain Gilead, pour lui demander de baisser le prix – exorbitant – de son médicament ».

Ouf, le Comité économique des produits de santé va pouvoir honorer son qualificatif. Quant à moi, qui était resté sur le Graal de tout commerçant, qui est de faire la culbute, j’en suis tombé sur le c….

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