La santé mentale des jeunes en France

Fondation Pierre DenikerRésultats du sondage IPSOS La santé mentale des jeunes pour la Fondation Pierre Deniker, avec le soutien institutionnel de Janssen, dévoilé le 17 mars dans le cadre des Semaines d’information de la santé mentale.

Pour la première fois en France, un sondage a examiné la perception des maladies mentales à la fois par les jeunes de 15-25 ans, les parents et les enseignants.

Réalisé par la Fondation Pierre Deniker avec le soutien du laboratoire Janssen, il confirme d’une part, que les troubles psychiques sont une préoccupation largement partagée par tous, en particulier par les jeunes, et d’autre part que les jeunes n’ont pas de réticence à parler des symptômes mentaux, y compris de type psychotique, qu’ils les concernent directement ou pas.

Les trois quarts des maladies mentales se déclarent avant l’âge de 25 ans ; 80 % des troubles psychotiques se révèlent entre 15 et 25 ans [1]. Leur dépistage précoce est une des conditions pour le succès de leur prise en charge. Pour l’améliorer, il est donc essentiel de connaître les représentations, les vécus et les attentes des jeunes de cette tranche d’âge à l’égard des troubles psychiques.

C’est pourquoi la Fondation Pierre Deniker a commandé à l’institut Ipsos le premier sondage sur ce sujet, ciblant les jeunes et les personnes ressources essentielles de leur entourage : leurs parents et leurs enseignants. Il s’est déroulé du 2 au 12 février 2016, par téléphone, auprès de trois échantillons représentatifs : 603 jeunes, 601 parents et 235 enseignants.

Les classifications répartissent les maladies mentales par groupes :

  • Troubles de l’humeur : dépression, troubles bipolaires…
  • Troubles anxieux : phobies, troubles obsessionnels compulsifs…
  • Troubles psychotiques : schizophrénie, psychoses liées par exemple aux toxiques…
  • Troubles du comportement alimentaire : boulimie, anorexie…
  • Troubles de la personnalité ou troubles du développement : autisme…

Ces maladies se manifestent par une perturbation des émotions, des perceptions, du comportement, du raisonnement ou de la pensée, associée à une détresse ou à des angoisses importantes et à une gêne fonctionnelle plus ou moins durable. Leur déclenchement est lié à des facteurs d’environnement et/ou de vulnérabilité individuelle.

Les jeunes connaissent les troubles de santé mentale…

Contrairement à une opinion répandue, l’immense majorité des jeunes (95 %) se déclarent “heureux et intéressés par la vie.” C’est aussi le sentiment de leurs parents (98 %) et de leurs enseignants (86 %). Cependant un peu plus d’un tiers d’entre eux (37 %) se sentent souvent “stressés”, ce que perçoivent beaucoup moins leurs parents (18 %), mais mieux leurs enseignants (43 %), qui insistent en revanche sur l’apathie de leurs élèves (63 % déclarent être confrontés à des élèves “amorphes”).

En outre, plus d’un jeune sur deux (55 %) a été gêné dans sa vie quotidienne par des symptômes de difficulté mentale (anxiété, phobie, dépression, paranoïa, etc.), un sur cinq (22 %) de manière importante. Là encore, les parents le perçoivent moins bien : à peine deux sur cinq (39 %) se rendent compte de ces souffrances.

… et ils sont prêts à en parler

Confrontés à une liste de neuf symptômes de type psychotique, presque trois jeunes sur cinq (58 %) déclarent en avoir ressenti au moins un de temps en temps dans les trente jours précédant l’enquête. Ce chiffre témoigne de la fréquence élevée de ces symptômes sur cette tranche d’âge. Mais 10 % ont éprouvé un de ces symptômes de manière fréquente et plus, 15 % en ont éprouvé au moins cinq de temps en temps.

Contrairement à ce qui est généralement présupposé, l’immense majorité d’entre eux (87 %) est prête à en parler à quelqu’un, quoique la proportion soit moindre (67 %) pour ceux qui sont directement concernés. Près des trois quarts d’entre eux (71 %) pensent qu’un membre de leur famille est la personne la mieux placée pour cela. La sensibilisation des parents est donc un enjeu crucial.

Un besoin d’information exprimé par tous

Cependant, jeunes, parents et enseignants se disent mal informés et démunis. En particulier, 92 % des enseignants ignorent la conduite à tenir en cas de problème de santé mentale.

Effectivement, leurs connaissances sont contrastées, entre une bonne appréciation de certains facteurs de déclenchement (choc émotionnel, consommation de drogues, précarité, etc.) et la survalorisation de certains autres dont la nocivité n’est pas prouvée (télévision, jeux vidéo, internet).

Autre obstacle : les personnes atteintes de maladies mentales font peur. Près de deux jeunes sur trois (64 %) ne partiraient pas en vacances avec une personne qui en est atteinte, et un sur deux pensent que les personnes atteintes de maladies mentales sont dangereuses pour les autres. C’est moins le cas pour les parents et les enseignants (38 % pour chaque population).

Pourtant près d’un jeune sur deux (49 %) estime que la proportion des 15-25 ans ayant des troubles de santé mentale nécessitant une prise en charge est élevée. Les parents ne sont que 41 % à penser de même et les enseignants seulement 34 %.

En parler avec une personne de confiance

Les trois populations se rejoignent sur l’appréciation de la meilleure aide à apporter à un jeune touché :

  • d’abord le soutien des proches et de personnes de confiance (jeunes : 73 % ; parents : 72 % ; enseignants : 75 %),
  • puis la psychothérapie (respectivement 66, 67 et 80 %)
  • et loin derrière les médicaments psychotropes (respectivement 17, 21 et 16 %).

Parents (82 %) et enseignants (76 %) estiment que l’école a un rôle à jouer pour détecter et orienter les jeunes qui souffrent de maladies mentales.

Mais, d’une part, seule la moitié estime que les équipes pédagogiques sont bien placées pour ce faire (respectivement 49 et 51 %), d’autre part, seul un jeune sur trois (32 %) serait prêt à se tourner vers une personne de son établissement scolaire pour obtenir une aide psychologique.

La principale raison évoquée par les jeunes à cette réticence est qu’ils ne se sentent pas suffisamment proches de ces personnes (73 % des jeunes). Quant aux enseignants, la grande majorité d’entre eux (88 %) souhaite être mieux informée sur le repérage des signes de maladie mentale chez les élèves. Plus de la moitié privilégie la désignation d’un personnel de santé référent pour leur établissement (55 %), un peu moins une formation d’une demi-journée (45 %), les autres moyens (site internet, livret d’information, numéro de téléphone) étant bien moins sollicités.

Ainsi, l’enquête montre qu’il existe un réel besoin de dépistage et d’accompagnement des jeunes ayant des troubles psychiques.

Contrairement à des craintes répandues, les jeunes n’hésitent pas à en parler, même quand il s’agit de troubles d’allure psychotique, mais les parents et les enseignants se sentent profondément démunis pour y répondre. Pour les trois populations, c’est le dialogue avec une personne de confiance qui prime.

Entretien avec le Professeur Marie-Odile Krebs

Chef de service (Sainte Anne, Paris), enseignant chercheur à l’Université Paris Descartes, UMR894 Inserm, Institut de psychiatrie (CNRS GDR3557) et membre du conseil scientifique de la Fondation Pierre Deniker.

Pourquoi la fondation Deniker a-t-elle commandé ce sondage ?

Étant attachés à la prévention des maladies mentales, il est important pour nous de connaître le regard que portent les jeunes de 15 à 25 ans sur les troubles psychiques, et de le croiser avec celui de leurs parents et de leurs enseignants. Cette tranche d’âge est en effet celle à privilégier pour une détection et une prise en charge précoces de ces pathologies.

Surtout, nous ressentons un profond décalage entre ce que nous observons dans nos pratiques cliniques où les jeunes nous interrogent sur leurs symptômes et les troubles qu’ils ressentent et une réticence assez répandue à aborder ces questions, au motif que cela pourrait leur faire peur et rompre toute communication. C’est pour cela que notre sondage comporte des questions assez directes, y compris sur des symptômes de type psychotique, fréquents à cette période de la vie alors que les enquêtes françaises les évitent habituellement et abordent plutôt les troubles de l’humeur (signes de dépression ou d’anxiété, par exemple).

Les résultats du sondage vous ont-ils surprise ?

Ils ont d’abord confirmé notre intuition : il est possible de parler de l’ensemble des troubles mentaux avec les jeunes, y compris les troubles de type psychotique. C’est un résultat important, parce qu’il ouvre la voie à de nombreuses stratégies de prévention.

La fréquence des symptômes psychiques peut sembler élevée, mais elle confirme ce que montrent les enquêtes menées dans d’autres pays. Il ne faut pas oublier que la plupart de ces symptômes sont transitoires et ne signent pas forcément le début d’une maladie psychiatrique. En revanche, il est important que les jeunes chez qui ils se produisent puissent en parler et qu’ils puissent être évalués par un professionnel car selon leur fréquence, l’importance de la gêne, leur contexte, ces symptômes peuvent être des signes d’alerte d’un trouble débutant.

Un résultat frappant de l’enquête est que ces troubles préoccupent beaucoup les jeunes : presque la moitié d’entre eux pensent que les jeunes qui en sont victimes ont besoin d’une prise en charge. Or l’enquête montre aussi que jeunes, parents et enseignants manquent d’information et de formation pour savoir quelle conduite adopter.

L’école a-t-elle un rôle à jouer ?

Certainement, le sondage montre que c’est un rôle attendu par tous. Mais les enseignants sont bien conscients qu’il s’agit de problèmes compliqués. Comme les jeunes et les adultes, ils n’attendent pas seulement une information générale sur les maladies mentales, comme peuvent en donner un site internet ou un livret d’information, mais un recours personnalisé pour un problème précis se posant concrètement à eux.

Tous ont besoin d’interlocuteurs de confiance. C’est à cette nécessité que nous devons nous attacher à répondre, d’autant que pour agir efficacement, il est indispensable de proposer une évaluation individuelle à chaque jeune qui en a besoin.

deniker janssenA propos de la fondation Pierre Deniker

Créée en 2007 à l’initiative des Professeurs Jean-Pierre Olié et Henri Lôo, la Fondation Pierre Deniker, reconnue d’utilité publique, œuvre pour une bonne santé mentale, grâce aux programmes de recherche qu’elle finance et aux actions de prévention, de formation et d’information qu’elle met en place.

www.fondationpierredeniker.org

À propos de Janssen

« Chez Janssen nous soutenons pleinement ce type d’initiative qui vise à mieux comprendre les besoins des patients et de leur entourage en termes d’information. Avec ce sondage, nous prenons encore plus conscience que beaucoup de jeunes ont fait ou font l’expérience de symptômes psychiques dans leur vie. Et nous savons que grâce à une forte sensibilisation, un dépistage précoce et une prise en charge adaptée, les troubles de santé mentale seraient nettement mieux appréhendés et les patients moins sujets à la stigmatisation. » Patrick Laroche, directeur des affaires médicales chez Janssen.

Les sociétés pharmaceutiques Janssen du Groupe Johnson & Johnson sont engagées à répondre aux besoins médicaux non satisfaits les plus importants de notre temps, notamment dans les domaines de l’oncologie, de l’immunologie, des neurosciences, des maladies infectieuses et des maladies cardiovasculaires et métaboliques.

http://www.janssen-france.fr

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[1] Fondation Deniker – www.fondationpierredeniker.org – Consulté le 14 mars 2016

Une réflexion au sujet de « La santé mentale des jeunes en France »

  1. Aleksanyan

    Bonjour

    Je suis Hayk Aleksanyan, jai 26 ans, je suis armenien, jai un probleme mentale, ca fait 6 mois que je peux pas dormir apres quand je suis revenu de la France jarrive pas vivre en Armenie. tout le monde menerve beaucoup, ma mentalite nest pas du tout armenienne, je veux sortir dici mais je peux pas, jai pas asez dargent, est ce que vous pouvez maidez questce quil faut faire?

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