De la transparence du corps à celle de la vie publique

DIDIER Jean-Pierre
Pr Jean-Pierre DIDIER
professeur des universités
praticien hospitalier honoraire
jean-pierre@hopital-territoires.eu

 

« A trop vouloir voir, nous avons oublié de penser »

Le dictionnaire de l’Académie française définit la transparence comme la « propriété qu’a un corps, un milieu, de laisser passer les rayons lumineux, de laisser voir ce qui se trouve derrière ». Au sens figuré c’est « la qualité d’une personne dont les pensées et les sentiments sont faciles à comprendre, à deviner », ou « la qualité d’une institution qui informe complètement sur son fonctionnement, ses pratiques ».

Dans ces conditions, chez l’Homme le désir de transparence s’exprime dans deux directions principales.

La première est scientifique, elle s’inscrit dans son besoin de connaissance et de compréhension du monde cosmique, physique, biologique qui l’entoure. Les objectifs de la médecine appartiennent à cette démarche ; l’aspiration à la transparence du corps est permanente afin de « voir » les lésions pour les mieux traiter, sinon les guérir. Les progrès technologiques ont permis des avancées spectaculaires dans ce domaine. La statue d’Ernest BARRIAS La Nature se dévoilant à la Science, qui accueille de nombreux futurs médecins aux portes des facultés de médecine, en est une noble illustration.

La seconde est politique, elle exprime son besoin de savoir et comprendre l’organisation, le fonctionnement de la société au sein de laquelle il vit et dont la gestion est assurée par des « politiques ». Les déclarations enflammées de ces derniers pour une totale transparence, ont été mises à mal au point que, dans le sillage des lois sur la transparence de 2013, une Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a été officiellement installée en janvier 2014. Il est sans doute encore trop tôt pour en apprécier tous les effets, bien qu’un premier rapport d’activité ait été publié en février 2016.

klein-alexandreUn article d’Alexandre KLEIN publié en 2011 dans la revue APPAREIL et intitulé La transparence du corps en médecine, obscur modèle de notre modernité n’a pas déclenché d’onde de choc. Pourtant affirmer que « Le modèle de la transparence médicale du corps a conduit à la constitution d’une idéologie de la transparence, faisant entrer la connaissance dans une circularité stérile qui la prive de réflexivité. Le regard connaissant est devenu vision stérile. À trop vouloir voir, nous avons oublié de penser », aurait dû éveiller davantage l’attention.

Le médecin réfléchit d’autant plus qu’il y voit plus clair

L’approche anatomoclinique, faisant une large place aux constatations cadavériques, a longtemps constitué la base du diagnostic médical. A défaut de voir les lésions, le diagnostic reposait sur une réflexion physiopathologique rigoureuse, à partir de la mise en relation des symptômes et des lésions a priori responsables. La finesse de la symptomatologie fut à ce point remarquable qu’elle faisait appel à tous les sens du clinicien qui décrivait les signes les plus évocateurs possibles, tels que le « souffle tubaire », le « signe du sou », ou le « frémissement cataire ».

Parfois les constats nécropsiques n’étaient pas conformes aux hypothèses issues du raisonnement clinique, ce qui conduisait à repenser le mécanisme physiologique et à discuter la corrélation entre clinique et anatomie pathologique afin d’affiner davantage la démarche diagnostique.

Les progrès technologiques dans le domaine de l’imagerie ont permis de voir le corps « par transparence » grâce aux rayons X, puis la numérisation des images, présentées parfois de manière saisissante en trois dimensions, la vélocimétrie par effet Doppler, la résonnance magnétique nucléaire, la tomographie par émission de positons et le laser ont permis de concevoir une imagerie fonctionnelle, permettant, non plus seulement de voir les organes, mais d’analyser leur fonctionnement avec d’autant plus de réalisme que la colorisation des images devenait possible.

Dans ce contexte, le risque d’une mauvaise prise en compte des nuances entre transparence, translucidité et réalité, sur lesquelles insiste Alexandre KLEIN, a pu renforcer l’illusion de pouvoir dévoiler la réalité du corps dans son entièreté en le voyant fonctionner « en vrai ».

Toutefois, cette illusion a surtout saisi les patients, qui sont devenus de plus en plus souvent demandeurs de preuves visibles de l’existence de leurs lésions, mais surtout de l’efficacité du traitement, jugée sur l’amélioration ou mieux la disparition d’images pathologiques. Parallèlement, le médecin a sans doute parfois cédé à la facilité d’utiliser l’imagerie pour, soit objectiver la qualité de son diagnostic ou de son intervention, soit à l’inverse négliger l’apport d’une imagerie qui s’accordait mal avec ses convictions cliniques. On a connu l’époque ou l’avis du radiologue, méchamment qualifié de photographe, était subsidiaire à l’avis du clinicien.

Or ce temps n’est plus. Tous les spécialistes de l’imagerie ont dû réapprendre leur anatomie initialement basée sur l’observation cadavérique pour tenir compte d’une nouvelle anatomie du vivant. Parallèlement le chirurgien a dû apprendre une nouvelle gestuelle pour satisfaire aux possibilités offertes par la célioscopie et le médecin a dû s’initier à des stratégies réparatrices innovantes dans le cadre de nouvelles disciplines comme la radiologie, la cardiologie ou la neurologie dites interventionnelles.

Il n’est pas exact de dire que tous ces progrès dans l’approche d’une plus grande transparence du corps ont suscité la « constitution d’une idéologie de la transparence, faisant entrer la connaissance dans une circularité stérile qui la prive de réflexivité ». Le « regard connaissant » n’est pas devenu vision stérile, mais au contraire source de réflexion et de propositions thérapeutiques nouvelles. Ce n’est pas un hasard si la courbe de l’espérance de vie a connu une ascension spectaculaire à l’époque où le cathétérisme et l’échographie cardiaque ont révolutionné la vision du cœur battant. Ce n’est pas un hasard si les stratégies thérapeutiques, tant médicales que chirurgicales, sont aujourd’hui réfléchies dans le cadre d’équipes pluridisciplinaires, seules capables de discuter, de décider puis d’évaluer les indications et les contre-indications des traitements.

Demain, la réflexion sera encore plus développée grâce aux progrès de l’imagerie moléculaire et des traitements personnalisés, déjà disponibles en oncologie.

A l’inverse de ce qu’avançait Alexandre KLEIN, l’image n’a pas perdu « sa qualité́ de reflet pour s’affirmer comme présentation de l’objet là où elle n’est que sa représentation ». Le médecin ne s’est pas laissé prendre au piège du miroir aux alouettes, pas plus qu’il n’a pris des vessies pour des lanternes. On peut reconnaître toutefois que la dérive est possible pour une génération née dans l’ambiance magique de l’image. Il importe d’en bien tenir compte dans la formation des futurs praticiens.

On aurait aimé que le modèle de transparence du corps, ainsi progressivement construit par la réflexion médicale en médecine, ait inspiré l’évolution de la transparence de la vie publique.

Le citoyen a le droit de savoir, l’administration a le gout du secret…

Renaud DENOIX DE SAINT MARCCette formule, inspirée de l’exposé de Renaud DENOIX DE SAINT MARC, vice-président du Conseil d’Etat, lors d’un colloque sur le thème Transparence et secret organisé en 2003 afin de célébrer le 25ème anniversaire de la loi du 17 juillet 1978 sur la liberté d’accès aux documents administratifs, traduit bien les tiraillements entre vertus et limites de la transparence dans les affaires publiques.

Il notait alors « qu’on ne peut exiger de l’administration ni d’ailleurs de quelque personne physique ou morale quelle qu’elle soit de faire apparaitre sa réalité́ tout entière. Il existe, chez les personnes physiques, la barrière infranchissable de l’intimité́ qui protège notre « misérable petit tas de secrets ».

Il ajoutait en conclusion : « Finalement, une certaine dose de secret est inhérente à̀ l’administration… cette impossible transparence n’est pas une fin en soi. Ce n’est qu’un moyen utilisé pour améliorer les relations entre services publics et usagers. S’il fallait choisir entre une administration transparente mais inefficace et une administration efficace mais « opaque », personnellement, mon choix serait vite fait ».

On ne peut que respecter une telle sagesse, alors qu’Internet et les réseaux sociaux n’avaient pas encore complètement rebattu, sinon dispersé les cartes à tous vents et que la « dictature de la transparence » ne s’était pas ouvertement manifestée.

Elie ARIEElie ARIE l’a dénoncée sur MARIANNE blog dans sa rubrique Quand Elie pense : « Lentement, mais sûrement, nous assistons à une régression civilisationnelle importante et probablement irréversible : celle de l’exigence de la transparence et de la vérité totales, de la condamnation sans circonstances atténuantes de la dissimulation et du mensonge. »

Les faits alimentent l’appréhension de cet ancien cardiologue, enseignant en économie de la santé. La recherche de la transparence est en effet devenue obsédante, chacun et chacune ne peut s’empêcher d’étaler sa vie privée au point de courir de grands risques à travers Twitter, Facebook, Instagram, en attendant encore mieux demain.

Le smartphone, les objets connectés se régalent de tout un ensemble d’informations personnelles, dont on nous dit qu’elles resteront protégées…si on le souhaite ! D’une part ce n’est déjà pas si facile lorsqu’on en a connaissance, mais il est des informations qui sont « hameçonnées » sans qu’on l’ait vraiment voulu. Le monstre Big Data peut alors se nourrir d’une pêche miraculeuse, beaucoup plus difficile à réglementer que la pêche au gros.

Par ailleurs, si la nature humaine n’est pas profondément changée, comme le faisait remarquer Renaud DENOIX DE SAINT MARC dans une perspective pessimiste, il apparaît que « l’esprit civique ne se développe pas d’un coup de baguette magique et qu’en revanche l’esprit de chicane, la jalousie, la curiosité́ sur les affaires d’autrui continuent de prospérer ».

Parfois, comme pour encourager et valider cette tendance, la levée du voile a permis la découverte d’affaires d’envergure, Wikileaks, Panama papers en sont des exemples saisissants, à côté desquels l’affaire déjà ancienne du Rainbow Warrior apparaitrait anodine, s’il n’y avait eu mort d’homme.

Dans le domaine plus intime de l’activité individuelle, la levée du voile n’a pas davantage exposé de bien belles images, qu’il s’agisse des détournements de fonds, d’abus de biens sociaux, de fraude fiscale ou de phobie administrative. On est maintenant bien loin d’un misérable petit tas de secrets, d’autant que le nouveau métier de communiquant conduit au développement d’une dialectique bien particulière, visant à justifier aux yeux des citoyens la pratique et les activités des « transparents » !

Les « transparents » et leur nouvelle église

Josh FREEDJosh FREED, journaliste et écrivain québécois, dans un papier de 2010 intitulé La génération hypervisible, tentait d’expliquer pourquoi « les jeunes s’exhibent sans crainte sur Internet à la grande perplexité de leurs parents ».

Il retenait l’existence « d’un symptôme du plus grand conflit générationnel depuis des décennies, celui qui oppose la “génération parents” à la “génération transparents”. La première protège son intimité jusqu’à l’obsession ; la seconde sait à peine ce que vie privée veut dire ». Quant à la question du pourquoi, il répondait par une interrogation : « La vie vaut-elle d’être vécue si personne ne regarde ? »

Pour finalement conclure : « Il se pourrait en fin de compte que la génération parents ait raison et que les jeunes, en vieillissant, protègent davantage leur vie privée… Mais le plus probable est que le mot intimité tombe dans l’oubli, qu’il ne soit plus qu’une relique du XXe siècle, avant que la frontière entre vie publique et vie privée ne s’estompe. »

Or c’est précisément là qu’intervient le communiquant pour mettre en scène l’intimité.

Malgré sa sagesse, Renaud DENOIX DE SAINT MARC n’avait pas prévu une telle évolution. Il avait bien vu qu’il fallait « prendre garde à ce que l’extension du droit d’accès ne vienne pas appauvrir la substance des dossiers administratifs ». Mais il évoquait une limitation de l’information par une sorte d’autoprotection : « Nous savons d’expérience que lorsqu’un rapport est destiné́ à être publié, il est très fréquent qu’il soit expurgé de la partie la plus sensible des constatations faites ou des jugements portés, cette information sensible étant réservée à des commentaires oraux de l’auteur du rapport à l’autorité́ destinataire du rapport. De même, les procès-verbaux de réunions peuvent être établis selon des termes qui masquent ou altèrent la réalité́, ou sous une forme à ce point synthétique que leur valeur informative s’en trouve affectée. Il faut donc prendre garde à ces effets pervers du droit de communication. »

De ces propos, il apparaît que dans les affaires publiques l’autoprotection ainsi décrite s’est confirmée, la transparence pouvant être construite non pas dans le but de rendre la réalité moins translucide, mais au contraire d’en faire apparaître une nouvelle, a priori plus transparente et surtout politiquement plus correcte.

Quant à la prévision de voir le mot intimité tomber dans l’oubli, elle s’est elle aussi vérifiée. Dans la mesure où s’est développée une hyper-communication, l’intimité et la pudeur n’ont plus leurs places, le politique étant devenu un transparent d’autant plus parfait que le voile jeté sur la réalité tend à être déchiré par des lanceurs d’alerte !

En effet, la dialectique du communiquant, personnage aujourd’hui omniprésent auprès du politique, est claire. Puisque le citoyen est obsédé par la transparence et que l’Homme, y compris politique, n’est pas parfait, alors pas d’hésitation, disons et montrons tout, même ce qui ne devrait intéresser personne. Mais attention donnons à l’exposition le meilleur décor possible et faisons la pub la plus « intelligente » qui soit.

Qu’une faute (ou une fraude) soit révélée ou risque de l’être, alors elle doit apparaître comme une conséquence de l’imperfection de l’Homme, qui peut affecter n’importe quel citoyen « normal ». Pourquoi n’a-t-elle pu être évitée ? Mais c’est bien sûr, c’est la faute d’une société encore imparfaite, intervenant comme un diable pour tenter le pauvre pêcheur ! La société a donc besoin d’être exorcisée et une nouvelle loi, rapidement promulguée doit s’en charger.

Les pièces d’une nouvelle « religion laïque » se mettent ainsi en place, avec un dieu : celui de la transparence, avec un diable nanti de ses paradis fiscaux, et un Judas appelé lanceur d’alerte, qui dénonce le pêcheur, lequel se confesse en prime time, les yeux dans les yeux de la caméra. Il ne lui reste qu’à demander pardon. Ce qui sera d’autant plus facile à obtenir que la faute originelle, « je vous le dis » c’est la société elle-même qui l’a commise avec la complicité d’une législation mal faite.

Allons mes frères, légiférons et rendons la société meilleure. Ainsi soit-il, circulez, la messe est dite…

En paraphrasant Alexandre KLEIN, on pourrait dire en ce qui concerne la transparence de la vie publique, qu’à force de vouloir ne rien montrer au citoyen, il a fallu beaucoup penser !

Une nouvelle arme pour renforcer la transparence de la vie publique

Dans le contexte de cette nouvelle religion, la création de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), pourrait apparaître comme l’arme fatale brisant une telle dérive.

Pas si sûr !

♦ D’une part, comme le rappelle le premier rapport d’activité de cette structure, elle est « née dans un contexte particulier » puisque : « C’est la découverte d’un compte dissimulé à l’étranger par un membre du Gouvernement qui a incité le législateur à adopter deux textes, une loi organique et une loi ordinaire, dans un temps record ».

Ces circonstances et la rapidité de la réaction qu’elles ont suscitée peuvent sembler peu propices à une saine maturation du nouveau texte de loi, même si une Commission pour la transparence financière de la vie publique avait été instaurée dès 1988 et diverses affaires, survenues sous différents gouvernements, avaient suscité dépôts de plusieurs rapports et propositions de loi restées sans suite. Le Monde.fr a d’ailleurs relevé « un parcours long et cahoteux et de nombreuses tensions entre la majorité et l’exécutif et entre les parlementaires eux-mêmes » avant même l’adoption définitive de la loi.

TRANSPARENCE

Parmi les huit propositions formulées dans ce premier rapport, l’une consiste à « Doter la Haute Autorité d’un droit de communication propre et lui donner accès aux applications de l’administration fiscale lui permettant de mener à bien ses contrôles » et une autre vise à « Autoriser la Haute Autorité́ à publier les avis qu’elle rend ». On peut s’étonner que ces mesures n’aient pas été initialement inscrites dans le texte de loi, sauf à retenir la précipitation qui a présidé à son adoption.

♦ D’autre part, le statut d’une structure administrative indépendante dont les membres dans l’exercice de leurs attributions, « ne reçoivent et ne sollicitent d’instruction d’aucune autorité », est une garantie de neutralité dans la réalisation de sa mission de contrôle de la situation patrimoniale des responsables publics et de prévention des conflits d’intérêts, qui ont été clairement définis.

Toutefois, la dimension internationale des problèmes posés, notamment dans ces conflits, n’est pas solutionnée alors que cette dimension est essentielle pour la recherche de la transparence économique. Elle implique une approche législative complémentaire ; un projet de loi spécifique, baptisée loi Sapin 2, doit donc venir compléter la loi sur la transparence de la vie publique. Mais une telle approche laisse l’impression d’une réflexion morcelée, qui ne peut prétendre à une appréhension globale et homogène des solutions au problème posé au citoyen.

La question du lanceur d’alerte, terme évitant de reprendre celui d’aviseur qui avait laissé de mauvais souvenirs, n’a pas été oubliée dans la loi sur la transparence publique. Celle-ci a en effet repris la reconnaissance de principe, déjà énoncée par la Cour européenne des droits de l’Homme, autorisant la dénonciation publique, par un fonctionnaire, d’un comportement illégal, en abordant l’idée de sa protection.

Le texte est ainsi écrit : « toute personne qui fournit de bonne foi des informations à sa hiérarchie, à une association de lutte contre la corruption ou aux autorités judiciaires ou administratives sur une situation de conflit d’intérêts qu’elle a identifiée dans l’exercice de ses fonctions ne peut être inquiétée sur ce fondement. »

Mais l’Europe a été douloureusement marquée par le souvenir d’une institutionnalisation de la délation pendant la dernière guerre, et l’appréhension de l’alerte et de son lanceur n’est homogène, ni au plan national, ni au plan international, notamment quant aux domaines d’intervention de l’alerte et à la rémunération et la protection du lanceur. Selon que la démarche est motivée par un intérêt général ou particulier, l’information communiquée d’alerte devient délation.

De plus, dans tous les cas la situation de l’informateur est fragile, la justice pouvant ne pas être en phase avec l’administration. Les procès en cours des Luxleaks témoignent de cette fragilité. La réflexion sur le sujet semble être restée superficielle.

« Les petits ruisseaux sont transparents parce qu’ils sont peu profonds »

En médecine, la transparence du corps est indissociable des progrès diagnostiques et thérapeutiques et les médecins n’ont pas oublié de penser à force de vouloir voir. Pourtant, il reste à veiller que dans leur formation un principe intangible soit bien inscrit : les images que la technologie met à leur disposition ne doivent rester que les compléments de la réflexion clinique.

A l’inverse, dans le domaine de la transparence publique et économique, à force de vouloir voir, le citoyen n’a malheureusement pas pu bénéficier de la réflexion profonde de ceux qui, ne voulaient rien lui montrer. Ceux-là se sont laissé séduire par la religion d’une pseudo transparence.

VOLTAIRE a pu affirmer : « Je suis comme les petits ruisseaux ; ils sont transparents parce qu’ils sont peu profonds ». De là à penser que le cours des affaires publiques est définitivement trop profond pour être transparent, chacun se fera son idée…

Pour en savoir plus

1 – Loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique
www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte..

2 – Alexandre KLEIN, La transparence du corps en médecine : obscur modèle de notre modernité, Appareil, n°7, 2011
http://revues.mshparisnord.org/appareil/index.php?id=1199

3 – Rapport d’activité HATVP
www.ladocumentationfrancaise.fr

4 – Transparence et secret – Colloque pour le XXVe anniversaire de la loi du 17 juillet 1978 sur l’accès aux documents administratifs. La Documentation française
www.cada.fr/IMG/pdf/transparence.pdf

5 – Elie ARIE La dictature de la transparence totale
www.marianne.net/elie…/La-dictature-de-la-transparence-totale_a351.ht

6 – Josh FREED Génération hypervisible
www.courrierinternational.com/article/2010/02/…/generation-hypervisible…

 

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