3 juillet 2017 : Conférence de l’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud

L’impact de la e-santé pour l’accès aux soins dans les pays du Sud

Selon une étude du Pew Research Center [1], l’amélioration de l’accès aux soins est la préoccupation essentielle pour neuf pays d’Afrique subsaharienne et devrait être la priorité des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) [2].

Or, les nouvelles technologies offrent de nouvelles perspectives prometteuses dans le domaine de la santé : en effet, 95 % de la population mondiale est actuellement couverte par un réseau cellulaire qui compte 7 milliards d’abonnements. Entre 2000 et 2014, le taux de pénétration d’Internet est passé de 6 % à 43 %, reliant ainsi 3,2 milliards de personnes entre elles.

Près de la moitié de la population africaine, soit un demi-milliard de personnes utilisent des services mobiles, et 63 % des comptes mobiles actifs se situent en Afrique subsaharienne. Une lame de fond dont pourraient bénéficier les populations défavorisées puisqu’on prévoit 5,6 milliards de smartphones d’ici 2020 dont 90 % d’utilisateurs dans les pays à revenus faibles et intermédiaires.

Reconnaissant le bénéfice potentiel que représentent les avancées dans les technologies de l’information et de la communication pour la santé publique, l’OMS a adopté en 2005, lors de la 58e Assemblée mondiale de la santé, une résolution pour la création d’une stratégie e-santé [3].

D’après l’OMS, les innovations numériques contribuent aux objectifs de la couverture sanitaire universelle. En effet, la e-santé permet de pallier certaines barrières comme le coût, l’accès, ou encore le manque de qualité des soins et d’étendre la gamme des services proposés. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) offrent la possibilité de créer des outils adaptés, durables et soutenables pour améliorer la santé dans les pays du Sud, et particulièrement dans les zones où règne une pénurie de personnel et d’infrastructures.

Apporter des soins aux populations les plus reculées et renforcer la qualité des diagnostics grâce à la télémédecine, faciliter la formation initiale et continue des professionnels de santé grâce à l’enseignement à distance (elearning), améliorer le suivi des patients et des données de santé grâce aux dossiers médicaux électroniques, étendre l’accès à l’information et démocratiser les assurances santé par le mobile, sont les modèles de projets les plus fréquemment mis en place.

Pourquoi cet Observatoire ?

En matière de e-santé, de nombreux défis restent à relever. Si les solutions de e-santé se développent à travers le monde, elles ciblent principalement les populations aisées.

Pour que ces initiatives soient structurantes, il paraît important d’harmoniser les projets en les intégrant à des stratégies globales de santé et de les adapter aux contextes locaux. C’est pourquoi il est crucial que les autorités publiques se saisissent du sujet : en ce sens, l’OMS préconise la création d’agences nationales dédiées à la e-santé [4].

Enfin, les pays anglophones sont les plus avancés dans le développement de la santé digitale.

Une initiative pionnière

Après une phase préparatoire d’analyse et de réflexion menée avec un groupe d’experts, spécialistes des questions de santé, du développement et de l’innovation technologique, la Fondation Pierre Fabre a inauguré en 2016 l’Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud (ODESS), seul observatoire dédié spécifiquement à la e-santé dans les pays du Sud, avec l’organisation d’une conférence internationale et une remise de prix.

L’Observatoire a pour missions d’identifier, de documenter, de promouvoir, et d’aider à développer les initiatives e-santé qui améliorent durablement l’accès aux soins et aux médicaments de qualité pour les populations défavorisées. Il se positionne comme une plate-forme de référence et de mise en réseau des acteurs du Sud qui, grâce à l’innovation, apportent des réponses aux défis de l’accès à la santé dans leurs pays.

Le site www.odess.io est la partie visible de la base de données de l’Observatoire : il s’agit d’une plateforme ouverte et évolutive sur laquelle les porteurs de projets peuvent soumettre leurs initiatives, mais aussi concourir aux prix de l’Observatoire. Aujourd’hui, près de 70 initiatives sont identifiées, documentées et référencées. En 2016, lors de sa 1re conférence internationale, neuf porteurs de projets d’Afrique et d’Asie ont été mis en avant et primés.

Le 3 juillet 2017, la Fondation Pierre Fabre accueille la conférence annuelle de l’ODESS à son siège d’En Doyse. Au cours de cette journée, des analyses d’experts internationaux croiseront les témoignages des porteurs d’initiatives les plus pertinentes qui présenteront leurs solutions. Une occasion unique de rencontrer les leaders de demain qui transforment déjà l’accès aux soins en Afrique et en Asie. Comme l’année dernière, les prix de l’Observatoire seront remis aux réalisations les plus prometteuses parmi les projets référencés et documentés sur le site :

www.odess.io

La journée sera diffusée en live-streaming et suivie par une vingtaine de campus numériques dans le monde.

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10 h Ouverture

par la Fondation Pierre Fabre – Agence universitaire de la francophonie

10 h 15 Perspectives d’un bailleur de fonds : enjeux et défis du financement de la e-santé

Romain André, Agence française de développement

10 h 30 Monitoring et évaluation des programmes de santé digitale

Tigest Tamrat, OMS

10 h 50 Changer la donne dans la réponse aux épidémies – l’utilisation des Data dans l’éradication de la polio en Afrique de l’Ouest

Anu Parvatiyar, ONG eHealth Africa

11 h 10 Le modèle rwandais d’intégration du numérique dans les politiques publiques

Erick Gaju, coordinateur national e-santé au ministère de la santé du Rwanda

11 h 35 Présentation des lauréats 2017 (1e partie)

12 h 50 Pause-déjeuner

14 h 45 Présentation des lauréats 2017 (2e partie)

15 h 50 L’exemple de la réussite du programme de télédermatologie au Mali

Pr Ousmane Faye, chef du service dermatologie du CNAM, Bamako, Mali

16 h 15 Construire un réseau d’échanges : The global digital health network

Heidi Good, USaid-Johns Hopkins Center for communication programs

16 h 35 Remise des prix

16 h 50 Clôture

Pr Cheick Oumar Bagayoko, coordinateur international du Réseau en Afrique francophone pour la télémédecine (RAFT)

17 h Cocktail

18 h Fin de la conférence

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[1] Pew Research Center, September, 2015, Health Care, Education Are Top Priorities in Sub-Saharan Africa

[2] Objectifs du Millénaire pour le Développement : rapport 2015. ONU

[3] World Health Organisation, Mai 2005. Resolution WHA58.28 eHealth

[4] World Health Organization, Décembre 2016. Global diffusion of eHealth: Making universal health coverage achievable Report of the third global survey on eHealth