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Habitat : les effets des micro-organismes sur votre santé

Dr Jacques LEGRAND
Paris
jacques.legrd@hotmail.com

Moisissures, bactéries, acariens… Les micro-organismes présents dans les habitations peuvent provoquer des réactions allergiques et des problèmes respiratoires. Pour éviter leur prolifération, une bonne ventilation s’impose. L’utilisation de matériaux minéraux comme le béton permet également de minimiser les risques.

40% des logements en France seraient contaminés par les moisissures selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI)… Et 15 à 20% abriteraient même des moisissures visibles selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Pour cette agence, qui a publié en juin 2016 un rapport d’expertise très complet sur le sujet à la demande des ministères chargés de la santé et de l’environnement, il s’agit là d’« un enjeu majeur de santé publique, du fait de la part importante de logements concernés, des effets avérés sur la santé respiratoire et de l’identification de populations à risque ».

Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « les mauvaises conditions d’habitat augmentent la prévalence de l’asthme, des allergies respiratoires et de la peau, et des autres maladies pulmonaires ». Il existe ainsi des « maladies liées au bâtiment », associées au développement de micro-organismes et, le plus souvent, à un défaut des systèmes de climatisation et de ventilation. Le « syndrome des bâtiments malsains » (SBM) est ainsi caractérisé par un ensemble de symptômes non spécifiques affectant la peau, les muqueuses, le système respiratoire ou le système nerveux.

Allergies et problèmes respiratoires

Champignons, bactéries, acariens, algues, pollens, virus… Invisible à l’œil nu, toute une microfaune et une microflore se développe naturellement dans notre habitat, comme dans l’air que nous respirons ou même sur notre peau. Des études menées aux Etats-Unis par des chercheurs des universités du Colorado et de Caroline du Nord sur quelque 1 500 maisons et appartements ont montré qu’un logement contenait en moyenne environ 5 000 espèces différentes de bactéries et 2 000 espèces de champignons.

Le plus souvent inoffensifs, ces micro-organismes peuvent poser un réel problème pour la santé en cas de prolifération ou de présence de certaines espèces pathogènes. Les moisissures, les bactéries et les acariens, en particulier, lorsqu’ils sont présents en abondance à l’intérieur des bâtiments, peuvent notamment provoquer des réactions allergiques ou des problèmes respiratoires, en particulier chez les personnes sensibles, notamment les jeunes enfants, les personnes âgées et les individus asthmatiques : écoulement nasal, rhinite, sinusite, toux, irritation de la gorge, yeux rouges, irritations cutanées, voire fièvre et nausées… Les symptômes varient selon les personnes, la quantité et le type d’allergènes présents dans l’air intérieur. Le risque est également augmenté par l’exposition à des pollutions aux particules, aux hydrocarbures et aux composés organiques volatils (COV).

Les symptômes peuvent être plus sévères pour les personnes souffrant d’asthme (7 à 10% de la population), d’autant que 85% des individus asthmatiques seraient également allergiques aux acariens et 20% aux moisissures. Certaines moisissures et certaines bactéries peuvent également libérer des toxines, qui ont été reliées au syndrome des bâtiments malsains, avec parfois des cas d’infections ou d’intoxications graves.

Le béton bloque les moisissures

Les bactéries se développent un peu partout, en particulier sur les matières organiques, et dépendent largement de la présence d’eau. Les acariens prolifèrent sur les poussières tièdes et humides des matelas, des oreillers, des teintures murales, des moquettes ou des papiers peints. Quant aux moisissures, champignons microscopiques, elles ont besoin pour se développer d’un certain taux d’humidité (environ 70%), d’une température douce (22°C à 25°C en moyenne) et de la présence de substances dont elles peuvent se nourrir (poussières, aliments, bois, papier, tissus, etc.).

Principales préconisations pour éviter la prolifération des micro-organismes : limiter l’humidité dans le logement et éviter toute infiltration d’eau, adopter un mode de ventilation adapté et efficace, en particulier pour évacuer la vapeur d’eau dans la salle de bain et la cuisine, éviter les points froids (ponts thermiques et entrées d’air) qui constituent une source de condensation…

Le choix des matériaux n’est donc pas neutre. Les matériaux imputrescibles et peu sensibles à l’humidité pourront être privilégiés. D’une manière générale, la moisissure a besoin pour se développer d’un milieu humide et d’éléments nutritifs. Le béton, par exemple, matériau inerte et minéral, ne constitue pas un milieu potentiellement nutritif pour les micro-organismes présents dans l’air, qui ne peuvent donc pas se développer à sa surface. Mieux, le béton présente même un comportement fongistatique, c’est-à-dire qu’il possède la capacité d’empêcher le développement des moisissures. Celles-ci peuvent se fixer à la surface du béton, mais sa nature minérale inhibe leur croissance. Et comme par ailleurs, ce matériau n’émet pas de composés organiques volatils (COV), l’habitat béton, s’il est convenablement ventilé et isolé, présente donc les meilleures garanties d’un air intérieur sain.

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