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L’infiltration du genou est un geste médical courant, souvent redouté, mais dont l’efficacité n’est plus à prouver pour soulager les douleurs articulaires chroniques ou aiguës. Que vous souffriez d’arthrose, d’une inflammation suite à un traumatisme ou d’une pathologie inflammatoire, ce guide vous apporte toutes les réponses pour aborder ce soin avec sérénité.
1. Qu’est-ce qu’une infiltration du genou ?
L’infiltration consiste à injecter une substance active directement à l’intérieur de l’articulation du genou ou dans les tissus environnants (bourses séreuses, tendons). L’objectif est double : supprimer l’inflammation et réduire la douleur là où elle prend naissance.
Pourquoi choisir l’infiltration plutôt qu’un médicament oral ?
Contrairement aux anti-inflammatoires ou antalgiques classiques qui passent par le système digestif et le sang, l’infiltration agit localement. Cela permet :
- Une concentration maximale du produit sur la zone lésée.
- Une réduction drastique des effets secondaires systémiques (estomac, reins).
- Une action souvent plus rapide et prolongée.
2. Les différents types de produits injectés
Toutes les infiltrations ne se ressemblent pas. Le choix du produit dépend de votre pathologie (arthrose mécanique vs poussée inflammatoire).
Tableau comparatif des substances utilisées
| Produit | Type d’action | Indication principale | Durée d’efficacité |
| Corticoïdes | Anti-inflammatoire puissant | Poussée d’arthrose, épanchement de synovie, arthrite | 1 à 3 mois |
| Acide Hyaluronique | Lubrification (Viscosupplémentation) | Arthrose modérée, protection du cartilage | 6 à 12 mois |
| PRP (Plasma Riche en Plaquettes) | Régénération / Cicatrisation | Lésions tendineuses, arthrose débutante | Variable (plusieurs mois) |
| Cellules Souches | Régénération tissulaire | Recherche clinique / Cas spécifiques | En cours d’évaluation |
3. Quand l’infiltration est-elle recommandée ?
L’infiltration n’est généralement pas le traitement de première intention. Elle intervient quand les traitements dits “conservateurs” (repos, kinésithérapie, semelles, antalgiques légers) ne suffisent plus.
Les indications majeures :
- La Gonarthrose (Arthrose du genou) : C’est la cause la plus fréquente. L’usure du cartilage provoque des frottements douloureux.
- L’épanchement de synovie : Quand le genou “gonfle” suite à une inflammation. On procède souvent à une ponction (évacuation du liquide) suivie d’une infiltration.
- Les tendinites rebelles : Comme la tendinite rotulienne ou de la patte d’oie.
- Les rhumatismes inflammatoires : Polyarthrite rhumatoïde ou spondyloarthrite.
4. Le déroulement de l’examen : Étape par étape
Beaucoup de patients appréhendent la piqûre. Pourtant, l’infiltration du genou est souvent moins douloureuse qu’une prise de sang, car l’aiguille est très fine et l’espace articulaire est facile d’accès.
- Préparation : Désinfection rigoureuse de la peau (asepsie). C’est l’étape la plus longue et la plus importante pour éviter toute infection.
- Repérage : Le médecin (rhumatologue, radiologue ou chirurgien) repère le point d’entrée. Il peut utiliser une échographie (infiltration écho-guidée) pour une précision millimétrique.
- L’injection : Elle dure entre 10 et 30 secondes. On ressent une sensation de pression ou de plénitude dans l’articulation.
- Après le geste : Un pansement stérile est appliqué. Il est conseillé de rester assis quelques minutes avant de repartir.
Le saviez-vous ? L’utilisation de l’échographie permet d’augmenter le taux de réussite de l’injection de 75% à plus de 95% en s’assurant que le produit est bien dans la capsule articulaire.
5. Précautions et contre-indications
Bien que sûre, l’infiltration comporte des limites.
Contre-indications absolues :
- Infection en cours : Qu’elle soit locale (sur le genou) ou générale (fièvre, grippe).
- Troubles graves de la coagulation : Risque d’hémarthrose (sang dans l’articulation).
- Allergie connue à l’un des composants du produit.
Précautions particulières :
- Diabète : Les corticoïdes peuvent provoquer une hausse temporaire de la glycémie.
- Hypertension : Risque de poussée hypertensive légère après une injection de dérivés de cortisone.
6. Que faire (et ne pas faire) après une infiltration ?
Le succès de l’infiltration repose à 50% sur le geste médical et à 50% sur le comportement du patient dans les 48 heures suivantes.
Les règles d’or (Post-Infiltration) :
- Repos relatif (24-48h) : Ne prévoyez pas de randonnée ou de session de sport intense. Restez tranquille chez vous.
- Glace : Appliquez du froid sur le genou 15 minutes, 3 à 4 fois par jour, pour limiter la réaction inflammatoire locale.
- Douleur résiduelle : Il est normal de ressentir une légère gêne ou un “réveil” de la douleur quelques heures après le geste (effet rebond). Un antalgique classique suffit généralement.
7. Avis de spécialistes et témoignages
L’avis du Dr. J. Martin, Rhumatologue :
“L’infiltration ne doit pas être vue comme un échec du traitement médical, mais comme un levier puissant pour restaurer la mobilité. Dans le cas de l’acide hyaluronique, nous agissons comme un ‘graissage de moteur’ qui permet au patient de reprendre la marche, ce qui est essentiel pour nourrir le cartilage restant.”
Témoignage d’un patient (Marc, 62 ans) :
“J’avais une peur bleue des aiguilles. Mon genou était bloqué par l’arthrose depuis 3 mois. L’infiltration a duré 20 secondes. Le lendemain, j’étais un peu courbaturé, mais au troisième jour, la douleur avait diminué de 80%. J’ai pu recommencer mes séances de kiné sans souffrir.”
8. Effets secondaires possibles : Faut-il s’inquiéter ?
Les complications sont rares (moins de 1 cas sur 50 000 pour les infections), mais il faut savoir les identifier :
- Le “Flush” : Une rougeur du visage et une sensation de chaleur (fréquent avec les corticoïdes, sans gravité).
- L’arthrite microcristalline : Une réaction au produit qui rend le genou très douloureux pendant 24h.
- L’infection (Urgence médicale) : Si après 48h, votre genou devient rouge, chaud, très gonflé et que vous avez de la fièvre, contactez immédiatement votre médecin.
9. FAQ : Les questions les plus posées
Combien d’infiltrations peut-on faire par an ?
Pour les corticoïdes, la règle habituelle est de ne pas dépasser 3 par an et par articulation, afin de ne pas fragiliser les tissus à long terme. Pour l’acide hyaluronique, une cure annuelle est la norme.
Peut-on conduire après une infiltration ?
Oui, en théorie. Cependant, si le genou est très douloureux ou si vous avez reçu une anesthésie locale associée, il est préférable de se faire accompagner ou d’utiliser les transports.
Est-ce que l’infiltration guérit l’arthrose ?
Non. L’infiltration traite les symptômes (douleur, inflammation) mais ne reconstruit pas le cartilage usé. C’est un outil de confort et de maintien de la fonction.
10. Conclusion et perspectives
L’infiltration du genou reste une arme thérapeutique majeure dans la prise en charge des douleurs articulaires. Qu’il s’agisse de passer un cap douloureux avec des corticoïdes ou de protéger son capital cartilage avec la viscosupplémentation, ce geste permet souvent d’éviter ou de retarder une chirurgie prothétique.
Synthèse des points clés :
- Efficacité : Rapide pour les corticoïdes, progressive pour l’acide hyaluronique.
- Sécurité : Geste sûr si les règles d’hygiène sont respectées.
- Action : Repos indispensable de 48h pour optimiser les résultats.

