février 27, 2020

Traitement de la dépression : Options conventionnelles et psychologiques

La dépression est l’un des troubles de l’humeur les plus courants. Bien qu’il existe actuellement un certain nombre de traitements efficaces, sûrs et médicalement approuvés pour la traiter, beaucoup d’entre eux impliquent l’utilisation de médicaments qui peuvent parfois avoir des effets secondaires indésirables. C’est pourquoi certaines personnes hésitent à utiliser une approche basée sur les médicaments et choisissent plutôt de rechercher d’autres formes de traitement non médicamenteux. Dans cet article, nous allons passer en revue les approches conventionnelles et psychologiques, et ce que la science en dit actuellement.

Avertissement : Ce billet ne constitue pas une recommandation ou une approbation pour un type particulier de traitement de la santé mentale. La seule façon d’être sûr de bénéficier d’un traitement efficace est de discuter de vos options avec votre médecin personnel – et aucune des approches complémentaires décrites ci-dessous ne doit jamais être utilisée pour remplacer ce que votre médecin a prescrit ou recommandé. Nous avons rédigé ce billet à titre d’information uniquement, et son but est simplement d’informer nos lecteurs sur les données scientifiques qui sous-tendent certaines stratégies de traitement complémentaires, et sur ce que nous savons de leur fonctionnement.

Introduction à la dépression et à la façon dont elle est traitée

Traitements médicamenteux

Bon nombre des traitements les plus courants pour une personne diagnostiquée avec une dépression clinique (trouble dépressif majeur, ou TMD) impliquent l’utilisation de médicaments sur ordonnance (tels que les ISRS) pour soulager ou gérer les symptômes.

Bien que ces médicaments puissent être très efficaces dans de nombreux cas, il est malheureusement vrai que nombre d’entre eux peuvent potentiellement provoquer un certain nombre d’effets secondaires indésirables chez les personnes qui les prennent.

C’est pourquoi certaines personnes sont réticentes à recourir à des traitements pharmaceutiques et préfèrent essayer des traitements non chimiques à la place.

Toutefois, avant de commencer, nous tenons à souligner que ce billet n’est pas une approbation pour – ou contre – un mode de traitement particulier ! Les stratégies décrites dans ce post ne sont pas non plus destinées à remplacer les soins médicaux conventionnels de quelque manière que ce soit.

Quand consulter un médecin

Si jamais on vous diagnostique un problème de santé mentale, quel qu’il soit, la seule façon de décider quel est le meilleur traitement pour votre cas spécifique est d’en discuter avec votre médecin. Seul un professionnel de la santé pleinement qualifié comprend tous les avantages et les inconvénients associés aux nombreux modes de traitement possibles – et il travaillera avec vous pour trouver l’approche la plus sûre et la plus efficace pour vos besoins individuels.

C’est dans cet esprit que nous aborderons, dans la suite de cet article, certains des nombreux traitements non médicamenteux de la dépression et d’autres troubles de l’humeur, et ce que la science en dit actuellement.

Traitements psychologiques conventionnels de la dépression

Avant d’aborder certaines des stratégies « alternatives » ou « complémentaires » susceptibles d’améliorer l’humeur, il est important de connaître les approches thérapeutiques les plus courantes de la dépression clinique et leur fonctionnement.

Les approches ci-dessous sont quelques-unes de celles que vous pourriez rencontrer si vous deviez prendre rendez-vous avec un psychiatre, un psychologue ou un autre professionnel de la santé mentale qualifié.

Nombre de ces modalités de traitement sont utilisées depuis longtemps et ont été extrêmement bien étudiées. C’est pourquoi ces approches sont largement utilisées par les médecins, car elles s’appuient sur de nombreuses preuves.

1) Thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

L’une des formes de thérapie les plus courantes utilisées par les professionnels de la santé mentale est la thérapie cognitivo-comportementale – également connue sous le nom de « TCC ». Cette approche thérapeutique très « factuelle » est l’une des plus utilisées pour prévenir et réduire la dépression (ainsi que de nombreux autres problèmes de santé mentale).

L’idée principale derrière l’utilisation de la TCC dans la dépression est d’aider les patients à changer leurs schémas de pensée et à modifier leur comportement afin d’améliorer leur capacité d’adaptation et de réduire leur détresse.

La TCC s’est avérée efficace à la fois pour les épisodes dépressifs aigus et pour la prévention à long terme.

Selon diverses études (RCT), la TCC aurait réduit les symptômes de dépression chez 177 patients souffrant de troubles affectifs saisonniers, ainsi que chez 87 patients souffrant de dépression post-partum.

Un type spécifique de TCC, appelé « thérapie d’acceptation et d’engagement » (« ACT »), a été signalé comme réduisant les symptômes dans les cas de dépression légère à modérée. Il a également été affirmé qu’elle contribuait à réduire la gravité globale des cas de dépression, ainsi que l’apparition de pensées suicidaires (« idées suicidaires »).

Selon certains rapports, la TCC pourrait contribuer à réduire les perceptions négatives des émotions.

Certaines preuves neurobiologiques préliminaires suggèrent que la TCC pourrait fonctionner en réduisant l’activité dans les parties du cerveau qui sont impliquées dans le traitement des émotions (comme l’amygdale et l’hippocampe) ainsi que dans le traitement cognitif (comme le cortex cingulaire préfrontal et antérieur).

La TCC est traditionnellement dispensée en face à face par des thérapeutes, mais elle est aussi parfois dispensée « numériquement » sur Internet, par exemple par le biais d’un téléphone portable ou d’un ordinateur personnel.

La TCC est une approche fondée sur des preuves et largement utilisée pour traiter et prévenir la dépression. Elle aide les personnes à modifier leurs schémas de pensée, ce qui améliore leur capacité d’adaptation et réduit leur détresse émotionnelle.

2) Thérapie psychodynamique

La thérapie « psychodynamique » est probablement la thérapie que vous associez le plus au traitement de la santé mentale. Elle se concentre sur les sentiments conscients et subconscients des expériences passées, et sur la manière dont ils affectent le patient.

L’efficacité de la thérapie psychodynamique pour le traitement de la dépression est généralement bien étayée. Dans certains cas, la thérapie psychodynamique s’est avérée aussi efficace que les antidépresseurs sur ordonnance.

Une étude (RCT) portant sur 100 patients souffrant de troubles de l’humeur et d’anxiété a montré que la thérapie psychodynamique délivrée par Internet pendant 10 semaines réduisait les symptômes.

Les résultats de certaines études neurobiologiques préliminaires suggèrent que la thérapie psychodynamique pourrait agir en réduisant l’activité métabolique dans l’insula droite, une région du cerveau importante dans le contrôle des émotions et la dépression. Cette diminution de l’activité serait à son tour associée à une réduction plus importante des symptômes sur une période de 4 semaines de traitement.

La thérapie psychodynamique se concentre sur la résolution des sentiments inconscients et profondément enracinés qui peuvent affecter de manière dramatique l’humeur d’une personne.

3) Thérapie interpersonnelle

La thérapie interpersonnelle met l’accent sur le contexte social de la dépression et vise à améliorer les compétences de communication et la construction de relations.

La thérapie interpersonnelle a quelques objectifs principaux :

  • accroître le soutien social
  • réduire le stress
  • améliorer le traitement des émotions
  • améliorer les compétences relationnelles

La thérapie interpersonnelle est considérée comme l’une des options de traitement de la dépression les mieux soutenues.

Selon certaines études, elle est efficace pour traiter la dépression et prévenir les rechutes, aussi bien seule qu’en complément des antidépresseurs.

Dans une étude (RCT) portant sur 120 femmes souffrant de dépression post-partum, il a été rapporté que la thérapie interpersonnelle améliorait les symptômes de la dépression et l’adaptation sociale.

La thérapie interpersonnelle est généralement dispensée par un thérapeute au cours de 12 séances hebdomadaires.

Cependant, une étude portant sur plus de 1 800 personnes a montré que la thérapie interpersonnelle dispensée sur Internet et autogérée permettait également de réduire les symptômes de la dépression.

La thérapie interpersonnelle met l’accent sur le contexte social d’une personne. Elle vise à améliorer la communication et à réduire le stress quotidien.

Autres formes de psychothérapie pour la dépression

Outre certaines des formes « officielles » de psychothérapie évoquées ci-dessus, il existe également un certain nombre d’autres formes de thérapie que vous pourriez rencontrer lorsque vous travaillez avec des professionnels de la santé mentale.

En général, elles sont moins bien étudiées et leur efficacité peut être plus spécifique à certaines personnes et à certains états de santé mentale. Toutefois, certaines données les confirment dans certains cas, c’est pourquoi nous les passerons en revue ci-dessous.

1) Thérapie par l’art

L’art-thérapie encourage la libre expression par la peinture, le dessin ou le modelage.

Un certain nombre d’études ont montré que l’art-thérapie réduisait les symptômes de la dépression.

2) L’hypnose

Malgré la façon dont elle est souvent dépeinte dans les médias populaires, l’hypnose est en fait un phénomène réel que certains professionnels de la santé mentale utilisent pour traiter certains types de problèmes.

Cependant, il existe encore de nombreux « mythes » populaires et trompeurs à son sujet. Par exemple, malgré ce que l’on voit dans de nombreux films et spectacles, l’hypnose ne peut pas être utilisée comme une forme de « contrôle de l’esprit » ! Les experts en hypnose soulignent souvent qu’elle ne peut pas être utilisée pour faire faire à une personne quelque chose qu’elle ne veut pas déjà faire – en d’autres termes, elle ne fonctionne que lorsque le patient coopère et collabore activement avec la personne qui lui administre l’hypnose.

De plus, elle ne fonctionne pas sur tout le monde : certaines personnes sont simplement plus « hypnotisables » que d’autres.

L’hypnose est définie comme un état d’attention concentrée et de conscience réduite de l’environnement. Elle améliore la capacité à répondre aux suggestions.

Le fait d’être dans un état hypnotique n’est pas bénéfique en soi. Mais lorsque les individus intériorisent des suggestions bénéfiques, ils peuvent être en mesure d’améliorer leurs pensées et leur comportement.

Bien qu’elle ne soit pas particulièrement bien étudiée, une ou deux méta-analyses (d’études RCT) ont affirmé que l’hypnose peut parfois être un traitement viable pour la dépression, qu’elle soit seule ou associée à une psychothérapie plus traditionnelle.

En théorie, l’hypnose peut changer la façon dont les gens se perçoivent et peut promouvoir des capacités d’adaptation pour les aider à gérer la dépression. Cependant, les techniques et les mécanismes de l’hypnose restent très mystérieux et on sait peu de choses sur la biologie de ses effets.

De petites études suggèrent que l’hypnose psychothérapeutique pourrait améliorer les symptômes de la dépression, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires.

3) Thérapie musicale

La musicothérapie a déjà fait ses preuves dans le traitement de certains cas de dépression.

Selon quelques études préliminaires (RCT) menées sur 79 patients souffrant de dépression, la musicothérapie pourrait améliorer les symptômes de la dépression et de l’anxiété, ainsi que le fonctionnement général.

Chez 14 adolescents souffrant de dépression, l’écoute de musique rock aurait entraîné une diminution des niveaux de cortisol et une réduction de l’activité du cortex préfrontal droit, deux facteurs qui ont été associés à une augmentation des émotions négatives et qui sont souvent plus élevés chez les personnes ayant reçu un diagnostic de dépression.

4) Thérapie par la danse / le mouvement

Selon une étude portant sur 104 participants souffrant de dépression diagnostiquée, la thérapie par la danse/mouvement a permis de réduire la dépression et le stress. Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que cette thérapie pourrait fonctionner en augmentant les niveaux de sérotonine et de dopamine.

5) Thérapie assistée par les animaux

Deux études ont montré que les visites hebdomadaires avec un chien réduisaient la dépression et l’anxiété chez 178 patients sous chimiothérapie et 68 résidents de maisons de retraite.

La baignade quotidienne avec des dauphins pendant deux semaines et le temps passé avec des animaux de ferme pendant 12 semaines ont permis d’améliorer les symptômes de dépression, la confiance en soi et la capacité d’adaptation de 120 patients dépressifs (ECR).

Bien que l’on ne sache pas exactement pourquoi les interactions entre l’homme et l’animal seraient bénéfiques, certains chercheurs ont proposé que ces interactions pourraient réduire la réactivité du cortisol au stress. Elles pourraient également augmenter l’ocytocine – parfois appelée l’hormone du « lien social » – qui pourrait à son tour affecter l’axe HPA, divers neurotransmetteurs, et même certains mécanismes liés à l’inflammation.

Conclusion

Outre la pharmacothérapie, plusieurs approches psychothérapeutiques peuvent aider à traiter la dépression. Elles peuvent également constituer des stratégies préventives efficaces dans certains cas.

La TCC est l’une de ces approches fondées sur des données probantes et largement utilisées. Elle aide les personnes à modifier leurs schémas de pensée, ce qui améliore leur capacité d’adaptation et réduit leur détresse émotionnelle.

La thérapie psychodynamique est une autre option. Elle se concentre sur la résolution de sentiments inconscients et profondément enracinés qui peuvent affecter considérablement l’humeur d’une personne.

La thérapie interpersonnelle met l’accent sur le contexte social d’une personne. Elle vise à améliorer la communication et à réduire le stress quotidien et s’appuie sur des preuves solides.

Parmi les autres approches psychologiques moins étudiées mais potentiellement bénéfiques, on peut citer l’art-thérapie, l’hypnothérapie, la musicothérapie, la thérapie par la danse et la thérapie assistée par les animaux.

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