Centre hospitalier de Troyes : la télémédecine au secours du désert médical

logo CH TROYESLa télémédecine englobe plusieurs définitions et mises en oeuvre selon les objectifs et les budgets.

Michaël De Block, directeur du système d’information et de la communication du centre hospitalier de Troyes, apporte son expertise concrète à travers le déploiement de différents projets de télémédecine. Il démontre que cette dernière est non seulement source d’économies, mais aussi un élément fédérateur entre les professionnels de santé et le patient dans une logique de parcours de soins optimisé.

TELEMEDECINEEtablir le lien avec les professionnels de santé

Le département de l’Aube compte une population de 304 000 habitants et dispose de moyens humains et financiers limités, dans un contexte de désertification médicale : le territoire compte 500 médecins généralistes seulement.

Le CH de Troyes s’implique dans la e-santé depuis 2009. Il fédère 80 % de la communauté des professionnels de santé extérieurs à l’hôpital, médecins et paramédicaux de ville, via une messagerie sécurisée sur laquelle sont envoyés les comptes rendus des examens. La confiance des professionnels de santé est gagnée et les économies déjà quantifiables.

En 2011, le CH déploie de DMP et enregistre jusqu’à ce jour 15 000 inscrits et 150 médecins de villes connectés. La même année, l’hôpital déploie un PACS, système d’archivage des images numériques, sur lequel se connectent 450 médecins de villes. Les clichés des IRM et radios ainsi que les comptes rendus sont envoyés avec un identifiant de connexion sécurisée qui renvoie sur un portail.

Michaël De Block souligne : « Notre portail d’imagerie, a rencontré un vif succès : un an après sa mise en place, il était déjà utilisé régulièrement par plus de 150 médecins de ville. De nombreux patients ont également fait savoir leur contentement quant à la possibilité d’accéder à des éléments de leur dossier médical via le DMP. Nous abordons aujourd’hui avec optimisme les groupes de travail du SIH de notre territoire de santé. »

Télé-cabine AVC pour gagner un temps précieux

Lors d’un AVC chaque minute compte pour éviter le décès ou de graves séquelles. En France, il représente la troisième cause de mortalité, la deuxième cause de démence et la première cause de handicap acquis chez l’adulte. Dans ce contexte, le CH de Troyes a créé une télé-cabine AVC pour éviter un long transport de 2 heures vers le CH de Reims. Il a installé une caméra HD connectée à l’hôpital rémois. Un neurologue spécialisé en pathologies neurovasculaires procède alors à une téléconsultation, il examine les signes cliniques (déformation de la bouche, faiblesse d’une partie du corps,…), analyses les IRM sur le PACS et prescrit le dosage pour l’injection de thrombolytique qui est alors réalisée par l’urgentiste du CH de Troyes. Après seulement 6 mois, 11 vies ont déjà été sauvées, sachant qu’à l’échelle du territoire de santé Champagne sud, l’AVC touche environ 1 000 personnes par an.

Géo-localiser les ambulances pour mutualiser les ressources

Toujours en 2013, en partenariat avec l’Université de technologie de Troyes (UTT), Michäel De Block a conçu un système GPRS de géolocalisation des ambulances privées. Le régulateur du SAMU peut les situer, déterminer si elles sont en mission ou non et le cas échéant, dépêcher celle qui se trouve le plus près du patient. L’Aube compte 40 ambulances privées et 2 véhicules pour le SAMU.

Marion Boutemy-Deniau, directrice France HIMSS Europe souligne : « Ce projet montre que la télémédecine est d’ores et déjà une réalité sur les territoires de santé et que beaucoup de choses sont possibles même avec peu de moyens pécuniaires. »

Télé-diagnoctic en radiologie pour partager les compétences

Le centre hospitalier de Bourbonne-les-Bains possède un appareil de radiologie mais n’a pas de médecin pour interpréter les clichés. Ces derniers sont donc envoyés sur le PACS du CH de Troyes où un radiologue procède à leur lecture et à analyse.

Marion Boutemy-Deniau, conclut : « Les outils technologiques pour déployer des projets en e-santé existent déjà. Pour avancer rapidement et opérer la transition numérique, il faut s’inspirer des projets qui ont déjà fait leur preuve. Sur WoHIT 2014, les professionnels européens partageront leurs bonnes pratiques et les écueils à éviter. »

WhoIt WoHIT 2014 sera organisé à Nice du 2 au 4 avril prochains par l’organisation à but non lucratif HIMSS et le Cercle des Décideurs Numérique et Santé, et passera au scalpel la conduite du changement des systèmes de santé au travers le thème conducteur e-health with benefits.

CDNS

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