CATEL mai 2012 : retour de l’ATA

De Lorme PhilippePhilippe de Lorme

directeur d’hôpital (DA CHU de Rouen

responsable de la rubrique télésanté –  philippe@hopital-territoires.eu

Similitudes et échanges de vues

CATEL_logo2010_miniatureUn réel volontarisme

Initiée par le CATEL (Réseau de compétences en télésanté), une délégation de plus de 20 personnes de l’hexagone, s’est rendue à San Jose en Californie à l’occasion de la Convention annuelle de l’ATA (American Telemedecine Association) réunissant plusieurs milliers de participants du monde entier (5 000) ainsi que de nombreux pays (250 exposants), dont la Chine, La Corée et Taïwan.

Notons l’ampleur que prend la place des TIC en santé, dont la télémédecine, dans les politiques et systèmes de santé et des préoccupations qu’elles engendrent, débattues et largement similaires d’un continent à l’autre.

Citons globalement les difficultés à mobiliser les acteurs de santé, une modélisation médico-économique qui reste à affiner, dont les aspects coûts/efficacité, la prise en charge financière des actes prescrits et leur remboursement, le manque d’évaluations cliniques afin d’évaluer le service médical rendu. D’un point de vue technique, les aspects interopérabilité entre réseaux de systèmes d’informations, leur sécurisation et l’identitovigilance sont d’actualité.

CATEL TELEMEDECINE H&T 1Néanmoins, aucun ne souhaite revenir en arrière ce qui témoigne d’un réel volontarisme malgré les difficultés persistantes. Tous conviennent que la télémédecine devrait avoir un impact incontournable dans de nouveaux modes de prise en charge des populations, urbaines ou rurales, mais aussi dans de nouveaux processus relationnels à inventer entre médecins / patients.

La relation dite face to face s’estompe. L’explosion des plateformes mobiles (i-phone, smartphone..) associée à une multiplication des sites web d’information en santé et de consultations en ligne amène les médecins à redéfinir leur responsabilité face à ce phénomène sociétal et aux décisions médicales à prendre face à des situations perçues comme urgentes ou non et par voies de conséquences à revisiter leurs protocoles de prises en charge.

Les préoccupations du moment s’articulent autour de la valorisation médicale de l’acte, la qualification de la dépense, la justification des investissements ramenés aux gains de productivité dégagés, la qualité de prise en charge et la satisfaction des patients et enfin la protection de la vie privée. Notons que le nombre de réadmissions / patient en hospitalisation peut être assortie de pénalités pour l’établissement.

Parmi les dizaines de domaines d’applications présentes

(télépsy, télécardio, téléophtalmo, télédermato, télé-orthopédie, télédiabète,…sans omettre des expériences en milieu carcéral ou en institutions de longue durée) le marché de la télémédecine est une réalité et un challenge partagés par les industriels.

Ces derniers avancent néanmoins quelques préoccupations réelles. En sus de se heurter à de vrais problèmes organisationnels des établissements désireux de s’investir dans des projets de télémédecine et de leur pilotage, sont soulignées leurs difficultés à élaborer leur schéma économique (business plan) par manque de vision à long terme et leurs interrogations quant aux mesures d’encouragement incitant les professionnels de santé à se mobiliser.

La télémédecine deviendra-t-elle à terme un nouveau standard de soins ? – La question a été posée et il était judicieux que des Français impliqués dans le développement de la télémédecine et de la télésanté sur le terrain aient pu faire ce déplacement à l’ATA.

TELESANTE 2012 affiche

CATEL 2012

Laisser un commentaire