La magnifique histoire de Jacques Sonneur..

Jabberwoky

…ou l’EPRD et la loi HPST expliqué aux nuls

(épisode 1)

Il était une fois Jacques Sonneur, jeune et brillant moine. Il habitait un grand pays récemment rebaptisé par son roi. Il était heureux parce que l’Evêque venait de le nommer directeur de l’Hôtel Dieu, à la place de la Mère Supérieure, qui avait été défaillante dans sa gestion. Frère Jacques serait un vrai patron, lui. L’évêque lui avait dit que c’était le roi lui-même qui signerait sa nomination, quelle consécration ! Après l’épisode catastrophique de l’eau polluée des bénitiers, il fallait quelqu’un pour remettre de l’ordre : après tout, les sœurs ne sont que des soignantes et lui seul avait étudié Hippocrate et Aristote à l’université.

Sur sa lancée, Jacques Sonneur avait décidé de présenter à son supérieur, pour la première fois, un vrai budget comme la guilde des marchands le lui avait conseillé. Ça n’avait pas été facile, mais il avait réussi à trouver une méthode, un peu compliquée mais infaillible. La communauté religieuse ne comprendrait sans doute rien, mais l’essentiel, c’était de montrer à son évêque qu’il avait fait le bon choix en le nommant pour diriger l’hospice. Une seule chose, le tracassait : il n’avait pas assez de dons de ses fidèles pour terminer la reconstruction du prieuré. C’est sa méthode qui l’avait alerté. Il lui faudrait peut-être demander à la Guilde de mettre la main à la poche ou demander de l’aide à l’évêché.

Frère Jean se remit à son grimoire et avec sa plume toute neuve de patron, il commença son Ecritoire pour Prévoir les Ressources et les Dépenses (en abréviation EPRD, mot qu’il venait d’inventer). Il était le seul à savoir lire, sauf la mère supérieure, mais il destinait son écritoire à l’Evêque qui le lui avait demandé pour l’offrir au Roi. Quelle fierté ce serait pour lui si tous les hôtels dieu du royaume appliquaient sa méthode ! Pour l’heure, il devait se concentrer sur son EPRD et la manière dont il le présenterait aux deux communautés du monastère et du couvent qui œuvraient auprès des malades et des indigents.

Il rédigea ainsi plusieurs chapitres.

« Chapitre premier où comment traduire en chiffres l’état des malades ». La Procédure des Moines Sachant Indiquer (PMSI en plus court) permettait, avec intelligence, de donner un code à chaque maladie et un sous code à la partie atteinte du corps. Depuis la fin de la peste, il y avait beaucoup plus de codes : avant, c’était plus simple. Mais grâce à la nomenclature qu’il mettait à jour régulièrement à chaque découverte de nouveaux maux, il suffisait de s’y référer pour mettre ce code. Un référent des indicateurs avait été désigné parmi les moines et une religieuse l’assistait pour rédiger l’acte. La promiscuité n’était pas toujours heureuse, mais parfois, ça améliorait la qualité des prières.

« Chapitre deuxième où comment mixer les cas pour bien dépenser ». L’astuce suprême de la méthode était de donner une valeur de Un à Dix à chaque type de malades traités. Aliter par petits groupes les malades de manière homogène avait été facile dans le transept de la chapelle. Mais pour la grande salle commune, tous les autres étaient entassés : il faut dire qu’on ne connaissait pas toutes leurs souffrances. Il y avait aussi eu une petite difficulté, vite réglée, lorsqu’il s’était agi de comparer la valeur de certaines pratiques, comme par exemple, une potion pour guérir les humeurs et une trépanation pour libérer l’esprit. Jacques Sonneur avait pris en référence le temps, plus long pour la potion parce qu’il fallait cueillir et faire bouillir des herbes, que pour la trépanation où un coup de poinçon suffisait. Plus tard, lorsque les autres hôtels dieu suivraient sa méthode, il pourrait élaborer une échelle de valeurs plus précise : il en frémissait déjà d’impatience et Frère Jacques pourrait sonner les cloches du succès. Quel joli coup cette échelle !

« Chapitre troisième où comment comparer les dépenses à faire par rapport au trésor du prieuré ». Ce trésor, caché dans les catacombes de la cathédrale, n’avait pas une valeur précise. Il comportait des écus, mais aussi des livres, des ducats et d’autres pièces d’argent ou d’or : les dons d’étrangers qui allaient à Compostelle étaient fréquents. Jacques Sonneur avait donc aussi inventé une unité de compte entre toutes ces monnaies. Il l’avait appelée « euro », parce que ça sonnait bien en cette fin de Haut Moyen-Age. Il l’avait préféré à « patate » ou « osselet » plus pratique à échanger, mais trop vulgaire à employer dans une église.

« Chapitre quatrième où comment soigner quand il n’y a plus d’euro ». Evidemment, au début, la valorisation des cas traités était plus élevée que le trésor du prieuré : les sœurs soignantes n’avaient vraiment aucune conscience des biens matériels. Il avait fallu à Frère Jacques une nuit entière pour ajuster sa méthode en s’enfermant dans son cabinet noir. La solution lui était apparue au petit matin en regardant les premiers rayons du soleil dans la grande rosace. Il suffisait de réduire la valeur des potions et des poinçons : c’était facile puisqu’il était seul à décider. Plus tard, il faudrait créer un marché, mais il n’était pas pressé : la Guilde s’en emparerait en mettant des règles et des mesures, comme à son habitude, peut-être même qu’elle construirait son propre hospice, sans rapport avec le service divin.

« Chapitre cinquième où comment reconstruire le prieuré grâce à l’hospice ». Jacques Sonneur avait d’abord pensé à demander à son évêque de l’aider en signant un contrat d’engagements sur ses terres. Mais cet Apport avec Contractualisation le gênait parce qu’il n’était pas certain que l’accord ne serait pas remis en cause après le départ en retraite de l’évêque. Aussi, il lui avait plutôt proposé un apport en monnaies du Saint-Siège, sonnantes et trébuchantes, qui iraient directement au trésor. Ainsi, le capital du prieuré serait augmenté : cette transaction lui éviterait d’emprunter à la Guilde qui avait la désagréable habitude de demander des gages.

Frère Jacques redressa la tête. Il était satisfait de son écritoire et fier de l’autorité qui lui avait été confiée. Il savait qu’il maîtriserait, grâce à elle et pendant de nombreuses années, les faits et gestes des sœurs de l’hospice mais aussi de ses frères, trop occupés par le bien-être physique et mental des malades et pas assez par les contingences financières. Quant aux malades, il y en aurait toujours et ça assurerait pour longtemps le fonds de roulement du prieuré.

Frère Jacques était bien heureux. Il songeait à faire confectionner par le charpentier et le vitrier une nouvelle rosace pour la face nord de la chapelle de l’Hôtel Dieu. Elle aurait quatre pétales, dont chacune représenterait la loi qu’il venait de créer: un « H » symbolisant l’organisation des soins à l’Hôtel Dieu, un « P » pour la procédure des moines sachant indiquer, un « S » pour satisfaire l’égo des sœurs soignantes, et un « T » pour le territoire et la réputation grandissante du prieuré qui avait désormais annexé l’activité principale du couvent.

Qui sait, son œuvre deviendrait peut-être à sa mort une loi divine.

Les malheurs de frère Jacques

ou comment les soins de premier recours abîmèrent la belle loi HPST

(épisode 2)

Cela faisait bientôt cinquante années que notre ami Jacques Sonneur régnait en maître absolu sur la santé des âmes et des corps de la population. Les gueux, les marchands et même les seigneurs de son diocèse, devenu territoire autonome sous l’autorité unique du roi, lui avaient ainsi fait allégeance. C’était une belle époque, un monde sans fin.

Peu de temps après l’élaboration de sa miraculeuse loi HPST, le fameux Ecritoire pour Prévoir les Ressources et les Dépenses de frère Jacques avait pu être imposé à tout le fief par les moines sachant, en particulier aux deux prieurés voisins initialement récalcitrants. Grâce à la redevance sur les malades, notre bienheureux moine avait pu reconstruire l’hospice et élever la tour de la cathédrale avec le beau vitrail aux quatre pétales qu’il avait tant imaginé. A la mort de l’évêque, il avait naturellement été désigné pour lui succéder par une commission de frères adeptes d’Aristote et d’Hippocrate, sans l’avis du Pape qui avait des soucis avec une société secrète.

Le souverain récemment élu par la guilde et les seigneurs avait eu l’audace, sur le conseil de sa ravissante épouse, de reproduire la communauté hospitalière de territoire du frère Jacques dans tout le royaume. Il est vrai que jeune, la reine avait appris au père prieur les bases du chant choral en l’accompagnant de sa viole. Les cloches du diocèse s’en souviennent encore. Maintenant, le roi voulait un seul bailli par territoire et il le ferait sûrement.

Oui vraiment, cette loi avait apporté à frère Jacques bombance, stabilité et respect.

Mais aujourd’hui, il était préoccupé. Sans doute qu’à son âge canonique, on perd un peu la raison, mais il éprouvait une sorte de crainte. Celle-ci avait été provoquée par un long entretien avec cette femme en qui il avait toute confiance. Il avait nommé, voici plusieurs années, Jeanne de la Mûre au poste d’Assistante Supérieure de l’Hospice principale. Ce poste d’ASH était très convoité par les religieuses, mais il leur avait échappé, faute de compétence médicale. Issue d’une famille noble, Madame Jeanne avait fait don à l’évêché, au décès de son second mari, de toute sa richesse qui datait de la première croisade. Les cultures de ses champs alimentaient depuis les cuisines du prieuré. A la fois soignante et intendante, cette femme au franc parler avait su réglementer les lieux de soins et même obliger le sieur Ladouleur, docteur en médecine de son état, à passer une fois par semaine voir les malades à l’Hôtel Dieu. Les moines pouvaient ainsi plus se consacrer aux contemplations et à l’écriture.

Mais Jeanne de la Mûre lui avait dit des choses étranges ce jour, comme si un pilier de la terre se lézardait.

C’était cette mauvaise épidémie qui en était la cause. A côté, le souvenir de la peste noire était une bénédiction. Non, cette nouvelle épidémie était bien plus  dramatique : les malades étaient aussi nombreux mais ils ne mourraient pas tous, et certains mêmes avaient guéri. Le prieur avait bien supprimé le masque, sauf pour les moines, mais rien n’y faisait. C’était incompréhensible. On ne savait plus où donner de la tête dans les hospices du royaume. Les lits manquaient et on renvoyait les indigents chez eux. Mais comme tous les moines médecins avaient progressivement abandonné la campagne, attirés par le trésor du prieuré et la cuisine de la supérieure, la population ne pouvait plus être soignée au domicile. Même la plus banale infection domestique devenait dangereuse depuis que les officines avaient été interdites quand elles n’étaient pas consacrées par la PUI, pharmacie à usage intégriste du diocèse. La mauvaise habitude de se soigner soi-même avec l’herboriste avait aussi disparu depuis la reprise des bûchers pour sorcellerie. En premier recours, le malade venait toujours à l’hospice : les enfants l’apprenaient dès l’école et les jeunes couples ne se mariaient qu’après serment, la main sur le bréviaire gravé aux quatre pétales. Quant aux vieillards, les familles les mettaient directement dans la charrette qui passait chaque semaine, sans se poser de question.

L’hospice s’était agrandi, les salles communes avaient fait place à des salles par type de cas, et par type de ressources. Mais les espaces s’étaient restreints avec cette épidémie diabolique. On n’arrivait plus à construire par manque de place près du prieuré, les maçons et les charpentiers étaient eux-mêmes malades, les pierres de taille coûtaient de plus en plus cher, et la communauté hospitalière de territoire perdait son latin.

Tout à l’heure, Jeanne de la Mûre avait osé proposer au père prieur de revoir le parcours du malade en rouvrant les officines d’herboristes et en offrant une bourse à des jeunes moines pour s’installer comme des marchands. Il en était encore abasourdi. Se pouvait-il que la supérieure de l’hospice principal favorise ainsi la proximité des soins au détriment de ses propres convictions? Cet ordonnancement était en place depuis un demi-siècle et frère Jacques ne pouvait imaginer un nouvel ordre. Il était trop vieux. Après tout, la baisse des affaires ne pénalisait que la guilde des marchands, et les seigneurs n’avaient qu’à faire venir de nouveaux serfs mieux portants. La communauté hospitalière pouvait bien attendre.

Tout à ses réflexions, frère Jacques observait avec attention une tenture accrochée au fond de la salle du conseil: c’était un animal extraordinaire qui y était représenté, avec une corne et une grosse carapace. Il se dégageait de cette fresque puissance et lenteur à la fois. Elle donnait une envie communicante de lui ressembler.

Avec un soupir, il regarda Jeanne de la Mûre s’éloigner. En passant devant le magnifique vitrail HPST, il la vit translucide et s’endormit tranquillement.

Jacques Sonneur : épisode 3

Il était bon matin quand le Révérend Sonneur, chef incontesté de la Confrérie des Sachants du Royaume, pénétra dans son bureau diocésain.

La pièce était fraîche, on sentait l’opulence et la sécurité. Il y avait fait transporter de la salle du Conseil la tenture brodée de cette magnifique bête à corne. Celle-ci lui rappelait sa vie: une vie de réussite et de puissance grâce aux compromissions, à sa capacité d’adaptation et à son intense activité intellectuelle pour le Cabinet du Roi. Jacques Sonneur avait progressivement remplacé sa peau de jeune moine en une épaisse carapace qui lui avait permis de traverser tous les changements royaux, épouses, cardinaux et palais. Elle lui avait aussi permis de renforcer sa Loi Hospitalière  et la Confrérie en avait fait une philosophie. Son entourage l’imitait désormais et parfois il était ému de voir les jeunes moines aspirant prendre déjà ses méthodes.

Il était même frustrant de constater leur capacité d’adaptation aux règles implacables qu’il édictait chaque temps de Pâques avec son Edit Pascal de la Richesse des Dispensaires. Celui-ci avait pris la suite de son écritoire pour prévoir les dépenses et les recettes, trop intelligent pour être diffusé aux laïcs. Son édit pascal était une prière lumineuse qui torturait les âmes et prélevait les bourses. Ensuite ses moines calculaient les ressources des hospices, toujours dans le besoin, à partir des cas qu’ils traitaient. Mais la Triple Attribution d’Aumônes, pour les officines, les hébergements et les prières, n’arrivait souvent dans les diocèses qu’à la période des feuilles mordorées. Trop tardive, la TAA n’était plus réparties dans les hospices, et faute d’utilisation, les pères prieures les attribuaient aux paroissiens fortunés pour la Noël.

Jetant un œil circulaire à ses affaires, Frère Jacques s’assit derrière son écritoire. Au fond de la pièce, la rosace en forme d’HPST était illuminée par le lever du soleil : un rayon multicolore tombait sur le sol carrelé noir et blanc. Sa Loi divine avait ensoleillé sa vie et développé la puissance de sa Confrérie.

C’était beau, mais il soupira.

Il avait la tâche aujourd’hui d’engager une procédure lourde de conséquences  pour son Assistante Supérieure de l’Hospice, la très respectée Jeanne de La Mûre. Il l’avait pourtant avertie que la pratique médicale des moines défroqués et des herboristes qu’elle encourageait ne pouvait plus durer. Ils devaient respecter le protocole de la loi fondée il y a plus d’un demi-siècle par lui-même et adoubée par le père du très saint roi.

Les territoires des hospices avaient toujours été sous contrôle centralisés par les diocèses sous sa bannière. Il ne pouvait tolérer que la Guilde des Marchands finance des maisons de soins aux quatre coins du pays. Certes, avec la création du marché des cas traités, les riches bourgeois des villes avaient su profiter du commerce lucratif des soins de confort. Mais, leurs pratiques ne pouvaient dériver en répondant aux missions d’intérêt général que seuls les Hôtels Dieux étaient habilités à dispenser. C’est pourquoi il avait ordonné la fermeture de ces maisons et fait enfermer les herboristes dans les geôles du palais en attendant leur procès pour sorcellerie. Les moines défroqués avaient fui les gens d’armes et se terraient au fond des bois.

L’Assistante Supérieure avait, grâce à son érudition et son altruisme, formé des gestionnaires de proximité qui s’étaient d’abord répartis par salles, qu’un addendum à sa loi avaient appelés pôles. Mais, très vite avec la réussite de la gouvernance des soins, les demandes avaient afflué et il avait fallu rejeter les plus vieux et les moins malades. Alors, Dame Jeanne avait eu l’idée de créer des  maisons ouvertes aux gueux et les gestionnaires de soins avaient trouvé dans ces maisons de nouveaux métiers. Elle avait outrepassé ses compétences en s’appuyant à tort sur une fausse interprétation du chapitre de sa loi médicale consacré au territoire et à la santé publique. L’ASH devenait trop autonome : elle  devait cesser son attitude subversive.

Jacques Sonneur engagerait donc la procédure d’entretien d’inquisition annuelle. Une longue période allait s’ouvrir pour elle. Jeanne de la Mûre serait interrogée par des contrôleurs royaux très connus pour leur savoir-faire en rhétorique et en démotivation. Il en était peiné pour elle : il estimait son professionnalisme de gestionnaire, ses capacités d’initiative et son sens du dialogue, mais son rôle grandissant auprès des réformistes le mettait en difficulté. Il fallait revenir à l’ordre des choses.

Pendant cette période d’inquisition, la gestion de l’hospice allait être évaluée par la Chambre Royale des Contrôleurs. Frère Sonneur connaissait déjà certaines conclusions du rapport puisqu’il avait lui-même suggéré des pistes de calomnie : l’activité de l’hospice était insuffisante à cause de ces maisons de proximité et les personnels étaient désormais trop nombreux. Les ressources étaient donc gaspillées et il faudrait élaborer un Contrat de Retour à l’Equité et la Frugalité.  Si Dame Jeanne résistait à l’entretien d’inquisition, une missive du Roi était prête pour l’envoyer dans cette lointaine communauté intégriste dont l’hospice était dans un état lamentable. Il espérait ne pas avoir à s’en servir, elle n’y survivrait pas. Jeanne de la Mûre était belle et intelligente : elle comprendrait son intérêt et peut-être réussirait-elle à s’adapter et à accepter de se recouvrir de cette merveilleuse carapace qui l’avait, lui, protégé toute sa vie.

Soudain, on frappa à la porte. Jacques Sonneur sortit de sa léthargie et se leva pour ouvrir. Mais sans attendre, plusieurs gens d’armes entrèrent : ils précédaient leur chef qui semblait inquiet. Une foule compacte s’était formée aux portes de la cathédrale. Elle réclamait la réouverture séance tenante des maisons de soins et la libération des herboristes.

Frère Jacques se mit en colère. Il sortit d’un tiroir la petite boîte qui avait contribué à son ascension religieuse grâce à la grande épidémie. Puis il partit dans le hall à grandes enjambées jusqu’à la grosse corde qui tombait du clocher. Il sonnerait le tocsin lui-même : l’heure était désormais à la refondation des valeurs contemplatives pour combattre le mal qui s’abattrait bientôt sur le diocèse.

 

Laisser un commentaire